Jean Malaurie et la COP21 : "Ma plus grande inquiétude, c’est la pollution dans nos cerveaux"

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/11/2015 à 18H32, publié le 20/11/2015 à 18H13
Jean Malaurie lors d'une conférence à l'UNESCO en juin 2015.

Jean Malaurie lors d'une conférence à l'UNESCO en juin 2015.

© Harsin / Sipa

Il a voué sa vie à l’étude des zones arctiques et aux populations qui y vivent. A 92 ans, le professeur Jean Malaurie a été élevé ce vendredi 20 novembre au rang de Grand Officier de la Légion d’Honneur, l’une des plus hautes distinctions de la République. A dix jours du début de la Conférence sur le climat à Paris (COP 21), ce passionné s’interroge sur la capacité de l’Homme à changer de cap.

Reportage : M.Nicolin / H.Colosio / J.Bègue

https://videos.francetv.fr/video/NI_561426@Culture

Le 29 mai 1951, Jean Malaurie est le premier homme avec l’Inuit Kutsikitsoq, à atteindre le pôle Nord magnétique. Un exploit, point d’orgue d’une carrière hors du commun. Sur les traces de Jean-Baptiste Charcot et de Paul-Emile Victor, l’ethno-historien, géographe et écrivain se lance à l’assaut des zones polaires dès 1948. Plus que les grandes étendues glacées, ce sont les ethnies qui les peuplent qui le fascinent.

A la tête de la première mission géographique et éthnographiques française dans le Nord du Groenland en 1950, il fait la rencontre des Inuits, un peuple pour lequel il va se passionner.

Les enjeux du futur

C’est pour redonner la parole à ces peuples du Grand Nord que Jean Malaurie participera à partir du 30 novembre prochain à la COP 21 à Paris.

"Les premiers résistants au réchauffement climatique, ce sont les autochtones. Ils sont un million et leur voix ne sera pas entendue car ces peuples sont sous l’autorité des grands pays". Selon lui, la COP 21 doit être le prélude à une plus large réflexion dans l’esprit du siècle des Lumières. "Le plus exceptionnel capital de l'Humanité, c'est l'intelligence", conclut-il.
 
Jean Malaurie est l’auteur de nombreux ouvrages. Le dernier,"Lettre à un Inuit de 2022" vient de paraître chez Fayard.