En appel, Alain Soral condamné pour diffamation mais relaxé de négationnisme

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 13/12/2018 à 16H40, publié le 13/12/2018 à 16H29
Alain Soral lors de son procès en mars 2015 à Paris.

Alain Soral lors de son procès en mars 2015 à Paris.

© LOIC VENANCE / AFP

La cour d'appel de Paris a condamné ce jeudi 13 décembre l'essayiste d'extrême droite Alain Soral à 4.000 euros d'amende pour diffamation. Il avait publié et mis en vente sur son site une affiche visant les juifs. La cour d'appel a relaxé Alain Soral s'agissant du délit de négationnisme.

En décembre 2017, Alain Bonnet, dit Soral, avait été condamné à 6.000 euros d'amende pour diffamation, mais aussi provocation à la haine envers les juifs et négationnisme. En cause, un dessin intitulé "Pornographie mémorielle" publié le 11 août 2014 et représentant une femme vêtue d'une guêpière, avec des étoiles de David sur la poitrine, debout devant une représentation de l'entrée du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, tenant des pièces de monnaie dans une main et un soutien-gorge dans l'autre.

Pas de provocation à la haine pour la cour d'appel

Le tribunal correctionnel avait notamment jugé que le dessin, alors mis en vente sous forme d'affiche ou d'autocollant, tournait "en dérision les victimes juives de la Shoah" et renvoyait "les crimes contre l'humanité dans le domaine de l'imaginaire et de l'illusion". Analyse non partagée par la cour d'appel qui a estimé que cette image relevait de la diffamation publique en raison de l'origine ou de la religion, mais ne constituait ni une provocation à la haine, ni une négation du génocide. Les motivations de la cour n'étaient pas disponibles dans l'immédiat.

Julien Limes également condamné à 1.000 euros d'amende

En tant que responsable de la boutique en ligne de l'association présidée par Soral, "Égalité et réconciliation", Julien Limes a été condamné à 1.000 euros d'amende pour complicité. Les deux hommes devront verser solidairement 1.000 euros de dommages et intérêts à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, partie civile et à l'origine de la plainte dans ce dossier, ainsi que 2.000 euros au titre des frais de justice.
 
Alain Soral, 60 ans, a déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment pour provocation à la haine raciale.