Dictionnaire amoureux : Alain Rey déclare sa flamme au Diable !

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/12/2013 à 17H23, publié le 03/12/2013 à 16H52
"Satan montré en tant qu'ange déchu après avoir été chassé" (détail) par Gustave Doré

"Satan montré en tant qu'ange déchu après avoir été chassé" (détail) par Gustave Doré

© dr

Dans la collection des dictionnaires amoureux, la maison d'édition Plon publie l'ouvrage que le linguiste Alain Rey consacre au Diable. D'Abaddon à Zombis, il passe en revue alphabétique toutes les formes que l'ange déchu a pris au fil des siècles et des religions. L'enfer est un pavé de 900 pages.

Sans Diable, y-aurait-il un bon Dieu ? La question se pose d'autant plus que cette antithèse du Créateur existe dans toutes les religions et notamment les monothéïstes. C'est même le christianisme qui l'a inventé, agrégant en une seule figure les forces du mal jusqu'alors composées de milliers de démons subalternes. Obligation philosophique, menace de châtiment pour grenouilles de bénitier ou présence véritable d'une force maléfique provoquant catastrophes et agressivité? Chacun ira de son explication.

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Le Diable, omniprésent
Mais ce qui est certain, c'est que le Diable et ses démons font vendre. Plus que Dieu et ses anges. La littérature et le cinéma en sont pleins. De "l'Exorciste" à "Légion", de "Sous le soleil de Satan" à  "Faust" en passant "Le Maître et Marguerite" , "Angel Heart" et "Les sorcières de Salem", on ne compte plus les ouvrages inspirés de la lutte du mal contre le bien. Jusqu'à Léo Ferré qui le remercie pour l'ensemble de son oeuvre dans "Thank you Satan". Des livres, des films, des chansons, des tableaux bien plus spectaculaires et fascinants quand ils illustrent le mal que le bien, forcément plus mièvre.
La couverture du "Dictionnaire amoureux du Diable"

La couverture du "Dictionnaire amoureux du Diable"

© Plon
2013, année diabolique
"Le Dictionnaire amoureux du Diable" paraît quelques mois après la fermeture d'une extraordinaire exposition au musée d'Orsay. "L'ange du bizarre" explorait les représentations du mal dans l'art depuis la peinture du XIXe jusqu'au cinéma du XXe. 2013, année démoniaque ? Sans doute pas plus que les autres si l'on s'en tient à l'observation des catastrophes (naturelles ?) et des événements (fortuits ?).

Croire en Dieu, croire au Diable
Reste que le pape François lui-même a mis en garde les fidèles catholiques : il faut absolument croire dans le Diable, l'ange déchu est indissociable de la croyance en Dieu lui-même. « Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous a libérés du pouvoir du monde, du pouvoir du diable, du pouvoir du prince de ce monde. L’origine de la haine, c’est ceci : nous sommes sauvés et ce prince du monde, qui ne veut pas que nous soyons sauvés, nous hait et il fait naître la persécution, qui a commencé dès les premiers temps de Jésus et qui continue encore aujourd’hui ».

Ainsi, selon le pape François, le Diable est né en même temps que Jésus. Volà qui donne une justification aux éditions Plon pour publier cet ouvrage juste avant Noël. Les mots toujours bien choisis d'Alain Rey et sa jubilation de la langue française risquent effectivement de transformer la Nativité en un intense plaisir de lecture diabolique.
Dernière interrogation : Que va-t-on trouver en page 666 du livre d'Alain Rey ?