"Belle et bête" : DSK demande la saisie du livre de Marcela Iacub

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/02/2013 à 14H26, publié le 25/02/2013 à 10H50
La couverture de "Belle et Bête" de Marcela Iacub

La couverture de "Belle et Bête" de Marcela Iacub

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn vont demander à la justice la saisie du livre de Marcela Iacub relatant leur liaison, qui doit sortir mercredi, lors d'une audience de référé prévue mardi.

DSK a assigné Marcela Iacub et son éditeur pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et demandent l'insertion d'un encart sur chacun des exemplaires de l'ouvrage et "à titre subsidiaire" la saisie du livre, selon ses avocats, Me Richard Malka et Jean Veil. Il a également attaqué Le Nouvel Observateur, qui en a publié des extraits dans son dernier numéro, et demande une publication judiciaire couvrant  l'intégralité de la Une de l'hebdomadaire, ont-ils ajouté. 

DSK demande 100.000 euros de dommages et intérêts solidairement à Marcela Iacub et à Stock, son éditeur et la même somme au journal. 

https://videos.francetv.fr/video/NI_144139@Culture

Dans "Belle et Bête", Marcela Iacub relate sa liaison avec l'ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI) de janvier à août 2012. Même si l'ancien ministre n'est jamais nommément désigné dans le livre, l'auteur confirme dans un long entretien au Nouvel Observateur qu'il s'agit bien de DSK, tout en précisant que l'ouvrage contient des éléments de fiction. 

Mi-homme, mi-cochon

Le personnage principal y est décrit comme un être "mi-homme mi-cochon". Dans un courrier adressé à Jean Daniel, un des fondateurs de l'hebdomadaire, et publié jeudi sur le site du Figaro, DSK a dit son "dégoût" et fustigé "le comportement d'une femme qui séduit pour écrire un livre, se prévalant de sentiments amoureux pour les exploiter financièrement". "Au-delà du caractère fantasmatique et donc inexact du récit, c'est une atteinte méprisable à ma vie privée et à la dignité humaine", ajoute l'ancien ministre qui dénonce "une opération qui donne la nausée" et a "demandé à ses avocats d'étudier toutes les voies légales pour combattre cette abomination". 

Anne Sinclair, présente dans l'ouvrage également de façon anonyme et qui a rencontré Marcela Iacub, a dénoncé "un récit trompeur et fielleux de (leur) entrevue en se livrant à une interprétation diffamatoire et délirante de (ses) pensées". "Comment, pour des raisons mercantiles, Le Nouvel Observateur a-t-il pu descendre aussi bas dans l'abjection ?", affirme-t-elle dans une lettre à Laurent Joffrin, directeur de l'hebdomadaire, et Jérôme Garcin, responsable des pages culturelles, également publiée par le Figaro.fr. 

Interrogé sur ce livre lundi matin France Inter, Manuel Valls a déclaré qu'il ne l'avait pas lu, mais qu'au vu des extraits publiés dans la presse, "c'est plutôt le dégoût qui l'emporte".