Dieudonné aux Obsèques de Roger Garaudy

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 18/06/2012 à 17H37
Dieudonné aux Obsèques de Roger Garaudy

Dieudonné aux Obsèques de Roger Garaudy

© Bertrand Guay/AFP

Roger Garaudy, ancien chef de file des intellectuels communistes et figure du négationnisme, a été incinéré lundi à Champigny-sur-Marne en présence d'une centaine de personnes. Parmi les proches et amateurs de l'oeuvre du philosophe réunis se trouvaient notamment le président PCF du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, présent "à titre privé", ainsi que l'humoriste controversé Dieudonné.

"C'est une personne qui a marqué toute une génération de Franco-Africains", a déclaré Dieudonné à l'AFP, soulignant "sa grande culture et sa connaissance du continent africain".
  

Hommage au communiste 
Roger Garaudy est mort mercredi à l'âge de 98 ans à son domicile, dans la commune voisine de Chennevières-sur-Marne. Lors des obsèques, précédées d'une prière suivant le rite musulman dans une salle du crématorium, ses proches ont rendu hommage à "un monument de la pensée" et "un vrai grand communiste".*

Dérive négationniste   
Originaire comme lui de Marseille, l'ancien maire communiste d'Orly et président du conseil général du Val-de-Marne, Gaston Viens, a de son côté dénoncé sa "dérive négationniste", qu'il a liée à son exclusion du PCF. "C'était douloureux pour toi d'être rejeté comme tu l'as été, méprisé, traîné dans la boue après avoir été tellement respecté comme un des grands intellectuels communistes de l'époque. (...)  Mais cela n'excuse pa ta dérive négationniste", a dit l'ancien élu, ancien déporté au camp de Buchenwald.
   
Né le 17 juillet 1913 dans une famille protestante avant de se tourner vers le catholicisme et de se convertir à l'islam, cet agrégé de philo et docteur ès lettres a été un dirigeant communiste de premier rang avant de dériver vers l'antisémitisme et la négation de la Shoah. Publié en 1996, son ouvrage sur "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" dans lequel il conteste l'existence des chambres à gaz et "le
dogme des six millions de Juifs exterminés par les nazis" lui vaut neuf mois d'emprisonnement avec sursis et près de 25.000 euros d'amende. La condamnation pour "contestation de crimes contre l'humanité" de celui qui a été député et sénateur PCF dans les années 50 et 60 devient définitive en 2000.
 
La plupart des personnes présentes interrogées par l'AFP ont défendu l'intellectuel. "C'était un cri du coeur. Il incitait à prendre du recul par rapport à ce qui se dit", a estimé Pierre Pastel, sociologue à 'université Paris 8. "C'était un homme qui savait dire les paroles qui libéraient les hommes". "C'était un grand penseur, la France devrait être fière", a approuvé Kader, 47 ans , venu avec ses deux enfants, qui a découvert ses livres sur l'islam quand il vivait encore en Algérie.

Ancien prof de philosophie, l'auteur de nombreux ouvrages a également été au coeur d'une intense controverse impliquant l'abbé Pierre. En 1996, le fondateur d'Emmaüs avait pris sa défense en assurant qu'il
menait un travail de "recherche de la vérité face à des déformations de la réalité indiscutables" sur le génocide des Juifs. "L'extermination des Juifs par les nazis est un sujet sur lequel le débat n'est pas clos", avait-il encore affirmé. Face au tollé, l'abbé Pierre finira par retirer ses propos et demander "pardon".