Décès de Ceija Stojka, mémoire des Roms persécutés

Par @Culturebox
Publié le 30/01/2013 à 14H22
L'écrivain, peintre et musicienne rom Ceija Stojka, déportée à dix ans, montre un de ses tableaux (2003)

L'écrivain, peintre et musicienne rom Ceija Stojka, déportée à dix ans, montre un de ses tableaux (2003)

© Rainer Jensen / DPA / AFP

L’écrivain, peintre et musicienne rom autrichienne Ceija Stojka, survivante des camps de concentration, est décédée à Vienne lundi à l’âge de 79 ans, a annoncé son éditrice Karin Berger. Son œuvre fait référence concernant les persécutions subies par les tsiganes sous le nazisme

Née dans une famille de marchands de chevaux rom, les Lovara-Roma, Ceija Stojka a été déportée par les nazis en 1943 et détenue dans trois camps de concentration, à  Auschwitz-Birkenau (sud de la Pologne), à Ravensbrück (nord-est de l'Allemagne) et à Bergen-Belsen (nord de l'Allemagne). Son père et son frère ne sont pas revenus des camps.
 
Rescapée avec sa mère et quatre frères et sœurs, elle a raconté son histoire dans une œuvre publiée en 1988 et devenue célèbre : "Wir leben im  Verborgenen - Errinerungen einer Rom-Zigeunerin" ("Nous vivons dans la clandestinité. Souvenirs d'une rom-tzigane"), qui a attiré l’attention sur le sort des Roms sous le nazisme.
 
Elle a ensuite publié "Reisende auf dieser Welt" ("Voyageuse de ce monde") en 1992.
 
"J’avais besoin de crier"
"J'ai pris le stylo pour écrire, car j'avais besoin de m'ouvrir, de crier", expliquait-elle en 2004 lors d'une conférence au Musée juif de Vienne.
 
Comme les juifs, les Roms ont été discriminés et persécutés par le régime nazi. Victimes de lois raciales, ils ont été incarcérés, déportés, stérilisés. Des centaines de milliers d’entre eux sont morts dans les camps.
 
Ceija Stojka ne s'est pas contentée d'écrire sur le sort réservé aux tsiganes. Elle a également réalisé plusieurs  tableaux, notamment "Die Finsternis von Bergen-Belsen" ("Ténèbres de  Bergen-Belsen"), décrivant la vie à l'intérieur du camp.
 
Elle a reçu plusieurs distinctions, dont le Prix Bruno-Kreisky pour le livre politique en 1993.
 
"Ceija Stojka était convaincue que la vie pacifique en communauté ne peut exister qu'avec un dialogue constant et une connaissance de l'Histoire", a  expliqué la ministre autrichienne de la Culture, Claudia Schmied.