Berck-sur-Mer : "Mein Kampf" retiré de la vente en librairie

Mis à jour le 27/06/2013 à 14H57, publié le 27/06/2013 à 14H42
Une copie de la première édition de "Mein Kampf"

Une copie de la première édition de "Mein Kampf"

© Marcus Fþhrer / DPA / DPA/AFP

« Mein Kampf » (Mon combat), l’ouvrage manifeste d’Adolph Hitler écrit en prison entre 1924 et 1925, a été retiré de la vente d’une librairie de Berck-sur-Mer, après les protestations de la section locale du Parti communiste et de la Ligue des Droits de l’Homme.

Si la vente libre de « Mein Kampf » est légale en France, elle a ému le PCF–Front de gauche qui a vu dans cette mise en rayon « la banalisation des idées d’extrême droite », motivant la mobilisation de la section locale de la Ligue des Droits de l’Homme qui est intervenue. La législation concernant la vente de l’ouvrage varie selon les pays. En France, la cour d’appel de Paris l’a catégorisé comme « ouvrage historique ». Sa commercialisation est toutefois permise à condition d’insérer un avertissement de huit pages en ouverture. Il doit également être placé dans un rayonnage approprié et non en tête de gondole.

Ouvrage de propagande édité à l’aube du nazisme en Allemagne, « Mein Kampf » constitue le ferment de l’idéologie nazie du IIIe Reich qui aboutira à la Shoah. L’ouvrage, traduit en français, est édité par les Nouvelles éditions latines qui en détient les droits depuis 1934. L’éditeur, lié à la droite nationaliste française, avait été condamné à la Libération pour collaborationnisme. Quand on demande aux libraires de définir leur clientèle, ils répondent qu’il s’agit pour sa large majorité d’étudiants.
Les origines de "Mein Kampf"
Le couple de libraires de Berck se défend de tout cautionnement des idées du livre. "Je n'ai pas à me prononcer quant au contenu et aux idées qui apparaissent dans toutes les publications que je vends. A titre personnel, je ne partage pas du tout ces idées-là, mais je suis un démocrate, à chaque citoyen de faire la part des choses", explique le responsable de la librairie, après avoir précisé que ce sont ses clients qui lui ont commandé ce livre-là. "C'est aux lecteurs, par leur éducation et leur esprit critique de se faire leur propre opinion", ajoute-t-il.

Mais pour Florent Filippi, de la Ligue des Droits de l’Homme « C’est comme de voir physiquement un appel au meurtre. C’est une vraie banalisation des idées d’extrême-droite. » Les libraires, eux, ne veulent « plus entendre parler de cette histoire ». « Ce que je retiens surtout est que toute cette polémique a fait une pub exceptionnelle au livre. Depuis ce matin (mercredi), j’ai plein de coups de fil de gens qui veulent l’acheter, c’est quand même très dommage ! ».