"Le Paris de François Truffaut", beau livre sur la ville lumière du cinéaste

Par @Culturebox
Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 31/05/2018 à 17H31, publié le 31/05/2018 à 17H21
jean-Franois Stévenin, François Truffaut et Nathgalie Baye dans "La Nuit américaine" de François Truffaut

jean-Franois Stévenin, François Truffaut et Nathgalie Baye dans "La Nuit américaine" de François Truffaut

© Pierre Zucca / Collection ChristopheL

Des "400 Coups" (1959) au "Dernier métro" (1980), Paris est au cœur des films de François Truffaut. Comme un personnage à part entière. Antoine Doinel, joué par Jean-Pierre Léaud, dans le cycle dédié à son alter ego, vit dans les quartiers-mêmes où vécut Truffaut. Il n’eut de cesse de les revisiter avec la nostalgie d’un Paris en passe de disparaître, dont ses films laissent une trace indélébile.

"Un pt’it village"

François Truffaut, cinéaste nostalgique ? Sans aucun doute au regard de son premier long métrage, "Les quatre cents coups", dont il situe l’action dans le 18e arrondissement du Paris de son enfance, de la place Clichy et de Montmartre. Largement autobiographique, ce premier épisode de la saga Antoine Doinel sera suivi par un sketch de "L’amour à 20 ans" ("Antoine et Colette"), "Baisers volés", "Domicile conjugal", pour finir avec "L’Amour en fuite" qui cite pour beaucoup les films précédents. La chanson de Charles Trénet, leitmotiv de "Baisers volés", est elle-même pleine de nostalgie. Et s’il y est question d’"Un pt’it village, d’un vieux clocher" évocateur de ruralité, il renvoie tout autant aux quartiers de Paris identifiables à des "pt’its villages".
Le Paris de François Truffaut (Forum des Images)
Cette nostalgie, on la retrouve dans le regret du cinéaste de voir Paris blanchi dans les années 80 par les ravalements des façades noires et grises de son enfance. Un sentiment qui évoque la définition du cubisme, tout en grisaille, par le poète et critique d’art, ami de Mondrian, Michel Seuphor, quand il écrivait : "le cubisme, c’est Paris mis à nu, avec les os et la moelle dedans". Le Paris de Truffaut, c’est celui des porte-cochères sans interphone, des bus à passerelle, du Gaumont Palace, des "Tubes" Citroën et des 4CV… Le noir et blanc des "Quatre cents coups" et d’"Antoine et Colette" évoque encore plus ce Paris disparu que la couleur des films suivants.

De Montmartre à la Tour Eiffel

Mais le Paris de Truffaut ne se limite pas aux lieux de son enfance. C’est aussi le 16e arrondissement, moins populaire, où il établit les bureaux des Films du Carrosse, sa maison de production, dès ses premiers films. Enfant de la rive droite, il est comme nombre de Parisiens attaché à cette appartenance qui les font traverser avec difficulté la frontière de la Seine, comme si c’était un territoire inconnu. Il n’hésitera pas toutefois à le faire en prenant un appartement avec vue sur la Tour Eiffel, monument qu’il adulait, et dont il collectionnait les reproductions en miniature. Il tournera même une scène de "L’homme qui aimait les femmes" dans son appartement, avenue Pierre de Serbie, avec vue sur la Tour.
Jean-Pierre Léaud dans "Baisers volés" de François Truffaut

Jean-Pierre Léaud dans "Baisers volés" de François Truffaut

© Francois Truffaut Les Films du C / Collection ChristopheL
C’est cette géographie autobiographique, cinématographique et parisienne que parcourt "Le Paris de François Truffaut" dans le détail, avec précision. Rempli d’anecdotes et de souvenirs, avec une foule d’illustrations, il plonge dans l’univers "truffaldien" qui, s’il ne se limite pas à Paris, y tient une large part. Bonne visite !

Le Paris de François Truffaut
Philippe Lombard
Editions Parigramme
14,90 Euros