"Rues de Grenoble", drôle de déambulation humoristique et historique de Gilbert Bouchard en BD

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/10/2018 à 17H07, publié le 10/10/2018 à 12H52
"Rues de Grenoble" de Gilbert Bouchard. © Glénat

Une visite des "Rues de Grenoble" (Glénat) en version papier. Avec beaucoup d'humour, l'auteur de BD Gilbert Bouchard emmène le lecteur à la rencontre des personnalités connues ou oubliées dont les rues de la capitale des Alpes portent le nom. L'occasion pour ce passionné d'histoire, de partager sa passion.

Gilbert Bouchard est un amuseur... Un amoureux du gag bien placé. Pour son dernier album, le dessinateur raconte Grenoble à travers son dédale de rues dont chacune évoque un personnage. Une page pour un personnage... et une touche d'humour à chaque fois. 

Comment travaille-t-il ? "Il y a le mythe de l'inspiration : j'ai regardé la montagne, comme ça, et j'ai eu une idée géniale", témoigne-t-il avec ironie. "En fait, non. On se met là sur la table et on cherche les idées."
 
Reportage France 3 Alpes Cécile Sauzay / Grégory Lespinasse / Eric Achard
Un travail parfois laborieux, car certaines rues jugées incontournables lui ont été imposées par son éditeur. Il a fallu par exemple trouver une page entière sur Marius Gontard, un conseiller municipal de Grenoble du début du XXème siècle. Pas simple... Le dessinateur et scénariste s'est creusé la tête. Il raconte avec l'accent marseillais et le sourire sa trouvaille. "Du coup, je me suis dit : Marius, il y a un petit côté meridional, un côté Pagnol." Il poursuit en imitant son personnage : "Eh, peuchère, je suis né à peine à 300 km du centre de Marseille !" 
La page consacrée au résistant René Gosse, assasiné par la Milice avec son fils en 1943

La page consacrée au résistant René Gosse, assasiné par la Milice avec son fils en 1943

© France 3 culturebox

Un travail de mémoire

L'auteur nous invite à nous balader dans la capitale des Alpes et lever la tête vers ces plaques que certains croisent tous les jours. Comme celle du doyen Gosse : un hommage à ce résistant et à son fils, tous les deux assasinés par la Milice en 1943. L'ancien étudiant en histoire tient à ce travail de mémoire. "Je pense qu'une ville est une sorte de livre ouvert où on apprend toute son histoire pour peu qu'on s'y intéresse et qu'on soit quelque peu curieux "

Je suis une sorte de pèlerin de l'Histoire. Je voudrais déambuler en prêchant la bonne parole de l'Histoire pour que les gens qui m'écoutent ou qui me lisent se disent subitement l'Histoire c'est intéressant."

Gilbert Bouchard