Il s'inspire de Tintin : le dessinateur Pascal Somon condamné pour contrefaçon

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/02/2014 à 11H39, publié le 10/02/2014 à 11H37
Pascal Somon chez lui

Pascal Somon chez lui

© France 3/Culturebox

Le dessinateur Pascal Somon condamné à 5 mois de prison pour contrefaçon de dessins de Tintin. Attaqué par Moulinsart, la société détentrice des droits de l'oeuvre d'Hergé qui l'accuse de contrefaçon, l'artiste répond qu'il s'inspire de Tintin et lui rend hommage mais qu'on ne peut confondre son oeuvre et celle d'Hergé. Moulinsart est connue pour son manque de souplesse en matière de droits.

Pascal Somon n'en démord pas. Bien que condamné à 5 mois de prison avec sursis pour contrefaçon, il continue de se défendre : oui, on peut reconnaître les personnages des aventures de Tintin dans certains de ses dessins, non, ce ne sont pas des contrefaçons car le style qu'il utilise ne peut absolument pas être confondu avec les planches originales d'Hergé.
L'artiste était assigné en justice par la très jalouse société anonyme Moulinsart, à l'affût de toute occasion de poursuivre la moindre tentative d'utilisation du patrimoine légué par Hergé. Bien plus que Quick et Flupke ou Jo, Zette et Jocko, c'est évidemment Tintin qui est concerné. La renommée mondiale du célèbre reporter qui n'écrit jamais le moindre article est telle que les avocats de Moulinsart multiplient les assignations en justice.

Reportage : N. Belabdelouahab/I. Griffon/Ph. Gasiorek

https://videos.francetv.fr/video/NI_142063@Culture

Une charte très contraignante
Dans sa charte d'utilisation de l'oeuvre d'Hergé, Moulinsart stipule pourtant dans son article 26 : "La parodie est autorisée par la loi dans le respect de certaines conditions. La loi belge permet la caricature, le pastiche ou la parodie et ne permet pas à l'auteur de s'y opposer à moins qu'il puisse prouver que la caricature, la parodie ou le pastiche ait été fait dans le seul but de nuire à sa personne ou à son honneur.
La parodie, pour être admise, doit remplir une fonction critique, être une oeuvre originale avoir un but de raillerie de l'oeuvre parodiée, avoir un ton humoristique et n'emprunter que les éléments apparents de l'oeuvre et strictement nécessaires à la caricature pour ne pas entraîner de confusion avec l'oeuvre parodiée, ni la dénigrer."


Tintinophile
La justice française a donc apparemment conclu que les dessins de Pascal Somon n'entraient pas dans le cadre défini par la charte. Admirateur d'Hergé, disparu en 1983, et de son oeuvre, Somon n'a jamais tenté de dessiner des suites aux aventures de Tintin, initiative expressément interdite par la charte, ni tenté de faire croire que ses dessins étaient d'Hergé. Moulinsart aura cependant une fois de plus réussi à figer l'oeuvre de Georges Remi. Pourtant les vrais tintinophiles adorent les détournement et pastiches divers, partageant avec leurs auteurs une connaissance encyclopédique du monde de la ligne claire.
Pascal Somon, qui signe les dessins de son nom, assure avoir envoyé une demande d'autorisation et une proposition de règlement des droits, sans avoir reçu la moindre réponse de la société Moulinsart.

Dupont, Tournesol, Haddock et Loiseau
Il faut noter que la charte, dans son article 24 précise que l'utilisation des noms de personnages requiert une autorisation spécifique, écrite et prélable de la société Moulinsart. Les briquets Dupont, la margarine Tournesol, les poissonniers qui vendent du haddock et feu le chef Bernard Loiseau ont sans doute bénéficié des largesses juridiques de la société anonyme.