Georges Wolinski : mille dessins en accès libre sur le site Gallica de la BnF

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 15/03/2019 à 12H46
Le dessinateur de presse George Wolinski, chez lui, en 2014.

Le dessinateur de presse George Wolinski, chez lui, en 2014.

© Ulf Andersen / Aurimages / AFP

Plus d'un millier de dessins de Georges Wolinski, l'un des dessinateurs assassinés dans l'attentat contre Charlie Hebdo, sont désormais en accès libre dans Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.

Dès les années 2000, Georges Wolinski avait attiré l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de conserver les dessins de presse dans de bonnes conditions. Après le dépôt de ses archives à la BnF en 2011, le dessinateur avait fait don, l'année suivante, de plus de mille dessins originaux, qui couvrent plus de 50 ans de production artistique, de la fin des années 1950 aux années 2010.
 
"Georges et Maryse Wolinski ont donné, dès 2012, leur accord pour la numérisation et la mise en ligne de ces dessins : ils sont désormais consultables sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF", indique la BnF dans un communiqué. C'est la première fois que la BnF rend ainsi accessible à tous son premier grand ensemble de dessins de presse contemporains.
"Les Français ont peur" et "Les directions", dessins originaux de Wolinski, années 1980.

"Les Français ont peur" et "Les directions", dessins originaux de Wolinski, années 1980.

© Wolinski

Un humour aussi tendre que féroce 

Georges Wolinski est l'auteur d'un oeuvre prolifique fait d'un humour à la fois tendre et corrosif. C'est dans le journal satirique Hara Kiri qu'il débute en tant que dessinateur de presse en 1960. Lors d'une permission alors qu'il termine son service militaire en Algérie, il porte au journal l'un de ses dessins, aussitôt accepté et publié. Il dessine alors régulièrement pour le magazine "bête et méchant" et s'intègre à l'équipe des dessinateurs, à la fois audacieux et impertinents, que sont Topor, Reiser, Gébé, Cabu ou Willem.
"Le rédac chef", ah ah ah" par Wolinski pour le Journal du Dimanche, début des années 1970.

"Le rédac chef", ah ah ah" par Wolinski pour le Journal du Dimanche, début des années 1970.

© Wolinski

Pilier de Charlie Hebdo, il a aussi contribué à Libé, L'Huma, le JDD ou Paris Match

En 1970, après la disparition définitive du titre, Wolinski contribue à la naissance de Charlie Hebdo, dont il deviendra l'un des piliers. Dès le milieu des années soixante, il adopte un style dépouillé et vif où se mêle, à des jeux graphiques et désopilants, une certaine candeur inquiète.

Il dessine, au fil du temps, pour une quarantaine d'autres titres dont Libération, Le Nouvel Observateur, L'Humanité, Paris Match ou Le Journal du dimanche mais aussi pour le théâtre et le cinéma où il est à la fois scénariste et dessinateur pour les affiches. Son art jovial et truculent conquiert aussi les commerciaux qui font appel à lui pour nombre de supports publicitaires.

L'ensemble des dessins de Wolinski disponibles sur Gallica est à voir ici
Les mêmes sont ici classés par époque et par titre de presse
"La jungle" de Wolinski, dessin original, début 1960.

"La jungle" de Wolinski, dessin original, début 1960.

© Wolinski

Première collection entièrement numérisée

La BnF déjà détentrice de collections remarquables telles que celles de Daumier, Gavarni, Devéria pour le XIXe siècle ou celles de Jean Effel, Jacques Faizant ou TIM pour le 20e siècle, a reçu la mission en 2007 de collecter et de valoriser les oeuvres originales des dessinateurs de presse contemporains.

En une douzaine d'années, la BnF s'est enrichie de plus de 70.000 dessins de presse. La collection de dessins de presse de Wolinski entrée par don à la BnF est la première à être numérisée dans son ensemble.