Académie française : le fauteuil de Jean Dutourd aux voix

Par @Culturebox
Publié le 21/02/2013 à 11H19
L'Institut de France, qui abrite l'Académie française

L'Institut de France, qui abrite l'Académie française

© SOLAL/SIPA

Les immortels doivent élire jeudi le successeur de l’écrivain Jean Dutourd après une série d’élections blanches à l’Académie française

Le 10 mai 2012, lors d’une première élection, aucun remplaçant au fauteuil 31 de Jean Dutourd (disparu le 17 janvier 2011) n'avait pu être trouvé, faute de majorité. Quant au fauteuil 40 de Pierre-Jean Rémy, il n’a pas trouvé preneur à trois reprises : le 24 janvier 2013, le 26 avril 2012 et le 8 décembre 2011.
 
"Il n'y a  pas de loi de fatalité des élections blanches", estime Jean-Mathieu Pasqualini, directeur de cabinet du secrétaire perpétuel de l'institution. Mais "une bouffée de mécontentement semble souffler sur l'Académie en ce moment, signe d'une certaine inquiétude des immortels et de leur lassitude face à la multiplication des élections ces dernières années", confie-t-il. "Mais des candidats solides se présentent jeudi à la succession de Jean Dutourd", dit-il.
 
Cinq fauteuils vacants sur quarante
L'illustre assemblée, forte de 40 membres quand elle est au complet, "a été décimée entre 2006 et 2010 avec la disparition d'une dizaine de ses membres",  rappelle-t-il. Et elle a besoin de se renouveler. Cinq fauteuils sur quarante sont actuellement vacants, dont trois ouverts pour l'instant à candidature.
 
Parmi les six prétendants au fauteuil 31 figurent notamment l'historien et homme de médias Jean-Noël Jeanneney, ancien président de Radio France et de la BNF, dont c'est la première tentative, et le poète, écrivain et professeur franco-britannique Michael Edwards, du Collège de France, qui frappe à la porte de l'Académie pour la troisième fois.
 
Une nouvelle élection blanche ?
"S'il y avait à nouveau une élection blanche, cela risquerait de dissuader de futurs bons candidats", s’inquiète Jean-Mathieu Pasqualini.
 
Les élections blanches ont toujours existé à l'Académie française, fondée en 1635 par Richelieu. A l'inverse, d'autres candidats remportent la mise à une très large majorité, dès le premier tour. Chargée de veiller au respect de la langue française, sa mission première est de composer le dictionnaire. La limite d'âge pour postuler à l'immortalité est fixée depuis 2010 à 75 ans.