A 90 ans, le poète haïtien René Depestre a toujours des projets d’écriture

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/08/2016 à 17H02, publié le 29/08/2016 à 16H56
René Depestre a encore beaucoup à écrire

René Depestre a encore beaucoup à écrire

© FranceÔ / culturebox

Écrivain et poète haïtien des Corbières né il y a 90 ans ce 29 août à Jacmel, au sud d’Haïti, René Depestre, écrivain de "l'érotisme solaire" a encore beaucoup de choses à dire, beaucoup de projets d'écritures.

Biographie : Christian Tortel. Montage : Nicole Coisman. Mixage : Sylvain François

https://videos.francetv.fr/video/NI_786389@Culture



René Depestre entretient très tôt, grâce à son père, un "rapport cosmique" à la nature. Étudiant révolutionnaire à 20 ans, avec notamment Gérald Bloncourt, photographe de quelques mois son cadet, exilé à Paris lui aussi, puis poète anticolonialiste avec les figures de la négritude, Césaire, Senghor, Damas, dont il se démarquera plus tard dans "Bonjour et adieu la négritude".

Le révolutionnaire et le politique 

Depestre devient proche de Che Guevara, ambassadeur du Cuba de Castro pour lequel il ira jusque dans la Chine de Mao-Zedong. Il sera en rupture de Cuba dans les années 70 alors que l'Amérique Latine et le Brésil de Jorge Amado constituent son continent de prédilection.

L’écrivain de l’érotisme solaire 

Ses livres portent des titres empreints du réel merveilleux et de surréalisme : Alleluia pour une femme-jardin (bourse Goncourt de la nouvelle en 1981), Eros dans un train chinois, Arc-en-ciel pour un Occident chrétien. Prix Renaudot en 1988 avec Hadriana dans tous mes rêves, il incarne dans ses livres des personnages attachants influencés par le vaudou et l’"érotisme solaire". Grâce à ce succès, il achète sa maison de Lézignan-Corbières (Aude) qu'il baptiste Hadriana, avec un "H" comme Haïti.

Surréalisme et dictature

Après des recueils de poèmes et des essais, cet humaniste, fervent militant du métissage, revient au roman en 2016 avec Popa Singer (éditions Zulma). C’est une réussite littéraire à la narration surréaliste, pleine de trouvailles de langage que l’auteur appelle, volontiers facétieux, "haïtionades, haïtionâneries et créolades".
L’intrigue de ce roman autobiographique, située en 1957 à l’aube de la dictature duvaliériste, dresse un éloge de sa mère, surnommée "Popa Singer", qui lui a donné le goût de conter des histoires, des "lodyans" haïtiennes. Oncle de Michaëlle Jean, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, celui qui a un très profus chantier d'écriture en cours, projette d’écrire prochainement un livre hommage à Cuba intitulé : "Les aveugles font l’amour à midi".

L'ensemble du fonds d'archives de René Depestre est accueilli depuis 2007 à la Bibliothèque francophone multimedia de Limoges.