Intermittents : Valls lance la concertation, Hollande "rassure", la CGT veut une "mobilisation responsable"

Par @Culturebox
Publié le 24/06/2014 à 18H52
Denis Gravouil (CGT) s'exprime durant une assemblée générale dans le parc de la Villette 

Denis Gravouil (CGT) s'exprime durant une assemblée générale dans le parc de la Villette 

© AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN

Le Premier ministre Manuel Valls a lancé mardi la mission de concertation sur le régime des intermittents et François Hollande s'est employé à les "rassurer", à la veille d'un vote des salariés du festival d'Aix-en-Provence, qui aura valeur de test pour la suite de la saison d'été.

La CGT-Spectacle, fer de lance du conflit des intermittents pour défendre leur régime d'assurance chômage, a pris acte du début de cette mission, notant que le "discours du gouvernement a changé". "Notre mobilisation est responsable", a assuré son secrétaire général, Denis Gravouil, à l'AFP. "Il faut bien réfléchir à ce que l'on fait", a t-il souligné.

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La prolongation pendant tout le mois de juillet du préavis de grève lancé par le syndicat menace la tenue des festivals. "II est temps de sortir de ce cycle de crises et de tensions, pour donner une assise plus solide et pérenne au régime" d'assurance chômage des intermittents, écrit le Premier ministre dans sa lettre de mission remise mardi aux trois personnalités chargées d'organiser la concertation.

Propositions finales avant fin décembre

Les trois "sages" - le député PS Jean-Patrick Gille, l'ancienne directrice du festival d'Avignon, Hortense Archambault, et l'ancien directeur du Travail, Jean-Denis Combrexelle - devront définir des "propositions de méthode" sous 15 jours et remettre leurs "propositions finales" avant fin décembre. La mission devra associer à ses travaux "toutes les parties intéressées: partenaires sociaux interprofessionnels et sectoriels, professionnels, élus nationaux et locaux, etc".

Jean-Patrick Gille, qui faisait office ces dernières semaines de médiateur dans le conflit, a expliqué que la mission allait "reprendre les contacts dès aujourd'hui (mardi) pour, à partir de jeudi, les rencontrer de manière assez rapide sur les questions de méthode". "Ce n'est pas une mission d'expertise, le diagnostic a déjà été fait. C'est une mission de concertation. Il y a une hypocrisie à considérer que l'État n'a rien à voir avec ce dossier. Il faut inventer quelque chose qui reste dans le paritarisme", a déclaré à l'AFP une source proche du Premier ministre. La CGT-Spectacle s'est dite prête à travailler "avec la mission sur la base de (ses) propositions", notant que le gouvernement excluait, comme elle le demandait, "l'option de la création d'une +caisse autonome+ pour les intermittents du spectacle".

Le test d'Aix-en-Provence

En attendant le rendez-vous phare que constitue le festival d'Avignon, qui doit s'ouvrir le 4 juillet, le festival lyrique d'Aix-en-Provence sera un test significatif avec un vote du personnel à bulletins secrets mercredi. La CGT-Spectacle appelle les professionnels "à se prononcer sur les lieux de travail". "C'est un vote consultatif, qui n'a pas de valeur juridique et ne présage en rien sur ce qui adviendra le 2 juillet, jour de l'ouverture du festival", a toutefois précisé à l'AFP Christian Geschvindermann du Synptac CGT-PACA (techniciens et administratifs des théâtres et établissements d'action culturelle).

François Hollande s'est aussi employé mardi à faire baisser la tension. Il a voulu "rassurer les intermittents" à propos de la pérennité de leur statut, tout en rappelant l'importance des festivals, "un moment exceptionnel pour montrer la France". Le chef de l'État a souligné sur France Info que la mission de concertation allait permettre de "pérenniser le régime des intermittents de façon à ce qu'il n'y ait plus aucun doute sur la volonté qui est celle des pouvoirs publics d'assurer que la culture sera toujours une priorité". Samedi, les directeurs des trois festivals d'Aix, Avignon et Arles ont clairement pris position, appelant à "ne pas manquer l'occasion" de refonte du régime "offerte" par le gouvernement.