À Aurillac, les intermittents mobilisés pour un des derniers festivals de l'été

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/08/2014 à 16H53
A Aurillac le 20 août, une ouverture dans la bonne humeur mais aux accents très politiques

A Aurillac le 20 août, une ouverture dans la bonne humeur mais aux accents très politiques

© PHOTOPQR/LA MONTAGNE

La croix blanche sur fond noir, signe de ralliement du mouvement des intermittents, a marqué la cérémonie d’ouverture du 29e Festival de théâtre de rue d’Aurillac. La grève a été votée pour vendredi : les artistes n'entendent pas les bras, soutenus par les organisateurs du festival, dont la programmation fait la part belle aux idées qui bousculent et interrogent le monde.

Reportage : V. Riffard / L. Ribes / L. Pastural / L. Janin / S. Bonnetot

https://videos.francetv.fr/video/NI_151319@Culture

Le Festival de théâtre de rue d’Aurillac est l’un des derniers gros festivals de l’été. Raison de plus pour rappeler au public que le dossier des intermittents n’a pas évolué. Pour eux, la fin de la saison estivale ne doit pas signifier la fin de leur combat. Malgré tout, les occasions de se faire entendre vont devenir plus rares, moins visibles, une fois les tréteaux repliés et le public rentré chez lui.

"Pour nous, Aurillac est un rendez vous important : c'est à la fois le dernier festival de l'été et le premier rendez-vous important de la rentrée avec la présence de nombreuses compagnies venues de toute la France. On va tous repartir d'ici avec une énergie collective, qui est en train de naître depuis quelques jours, avant de poursuivre le combat contre l'application de la seconde partie de la convention, qui entrera en application le 1er octobre et concernera tous les précaires", a déclaré Loïc Canitrot, un militant de la CGT-Spectacle, venu d'Ile-de-France.

Manifestation et grève

Réunis en assemblée générale jeudi matin, une soixantaine d'intermittents, travaillant pour une dizaine de compagnies présentes à Aurillac, ont voté la grève "pour demander l'abrogation de la convention de la nouvelle convention d'assurance chômage entrée en vigueur début juillet", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'Union départementale CGT du Cantal, Thierry Bonhoure.

Par ailleurs, les intermittents prévoient de manifester vendredi après-midi dans les rues de la cité cantalienne. "On appelle tous les travailleurs précaires d'Aurillac à venir nous rejoindre. Les intérimaires, les précaires, les CDD... Nous ne sommes pas les seuls mobilisés, tout le monde est aujourd'hui concerné par la précarité, quand on voit que 87% des embauches au premier semestre 2014 ont été faites en CDD", a souligné Loïc Canitrot, un militant de la CGT-Spectacle, venu d'Ile-de-France.

Le cortège partira à 13H00 du terrain de Marmiers, situé dans un quartier populaire du sud d'Aurillac et passera notamment devant des antennes de Pôle Emploi et du Medef, avant de rallier la préfecture.

Bousculer les idées 

Cette volonté de lutte et de débat d’idées se retrouve dans la programmation. Jean-Marc Songy, le directeur du festival, a rappelé qu’à Aurillac, "on souhaite résister aux idées noires qui traversent la population et qui sentent le fascisme. Il faut se servir de cet endroit pour se mettre le cerveau à l’air et faire des propositions, sans prétention, aux spectateurs et aux responsables politiques".

Parmi les pièces qui font écho aux préoccupations actuelles, " Trust" une création de la compagnie Groupe Merci. Adaptée d’un texte de l’auteur Berlinois Falk Richter, la pièce raconte comment la crise économique malmène les hommes en les transformant en pantins.
 
Reportage : L. Pastural / L. Ribes /  L. Janin / S. Bonnetot

https://videos.francetv.fr/video/NI_151321@Culture

"Trust" de Falk Richter par le Groupe Merci au Parapluie à Aurillac jusqu'au 23 août à 21h30 et 24h - Tarifs unique : 15 euros - Adultes et enfants à aprtir de 14 ans - Durée : 1h30