Slick : une Fiac off à découvrir

Roby Comblain: Scenolino. 2011. Installation.

Après deux années au 104 puis deux autres années sur l’Esplanade du Palais de Tokyo, la Slick, foire d’art contemporain, s’installe dans un ancien garage à deux pas du musée Picasso. La SLICK, c’est un peu une Fiac off et aller à l’une sans aller à l’autre serait à mon avis une erreur car la Slick présente une sélection de galeries françaises et étrangères découvreuses de talents.

Je me gare à deux kilomètres, pas le choix. J’arrive enfin devant le garage, l’accueil est sympathique et les visiteurs sont plutôt jeunes. Je fonce voir les 157 artistes exposés par 39 galeries dont 70% ont moins de 10 ans d’existence. Je suis accueilli par une joyeuse installation de Roby Comblain qui part du sol pour remonter sur le mur, sorte de rocher qui attend sa mer.

Roby Comblain: Scenolino. 2011. Installation.

Un peu plus loin sur le stand de la galerie allemande Van der Grinten, j’observe cette photo dont je ne saurais dire si elle est angoissante ou reposante. Une femme allongée comme un oiseau tombé du ciel .

Izima Kaoru: Kimura Yoshino wears Alexander Mc Queen. 2007. 180cm x 240.

Izima Kaoru: Kimura Yoshino wears Alexander Mc Queen. 2007. 180cm x 240.

La même galerie expose quatre petits personnages penchés et totalement recouverts de plumes :troublant, fascinant. Et Izima Kaoru propose aussi de belle photos circulaires du soleil à différents endroits du monde à des heures différentes. Fin comme des cheveux et doux comme une lumière de printemps, je regarde la valse des crayons de couleurs de Gilgian Gelzer.

Gilgian Gelzer: Sans titre. 2011. Crayons de couleurs et graphite sur papier. 200cm x 150.

Gilgian Gelzer: Sans titre. 2011. Crayons de couleurs et graphite sur papier. 200cm x 150.

De la douceur encore avec cette installation très poétique en fibres de murier de Tsuyu : un joli moment de poésie.

Tsuyu: Mesdames Butterflies III. 2011. 2,50cm x 0,50. papier en fibre de mûrier, fil de nylon.

Tsuyu: Mesdames Butterflies III. 2011. 2,50cm x 0,50. papier en fibre de mûrier, fil de nylon.

Mais un spectacle m’attire. Sur le sol, quelques formes en acier couleur bois, comme un vielle commode cassée et entre ces morceaux, des pixels mènent une danse lumineuse frénétique. Ceci est du à un programme informatique très élaboré, car il s'agit d'une oeuvre spécifique programmée sur ordinateur et projetée sur sculptures. Ce travail présenté par la galerie Charlot a été réalisée par un duo, Patrice Belin et Antoine Schmitt. C’est assez bluffant, j’ai l’impression de me retrouver face à une fourmilière lumineuse.

Patrice Belin, Antoine Schmitt : 1000 pixels. 2011. 3,2m x 2,4 x 2.

Patrice Belin, Antoine Schmitt : 1000 pixels. 2011. 3,2m x 2,4 x 2.

Autre beau moment à la galerie Binôme où je regarde les photos très légèrement retravaillées de Thibault Brunet. Il photographie des bouts de ville, des endroits qui n’intéressent personne. Il les saisit à la tombée du jour, entre chien et loup. A l’arrivée, de belles photos mélancoliques et précises qui invitent immédiatement au rêve.

Thibault Brunet: série Vice city. 2012. Tirage encre pigmentaire . 20cm x 20.

Thibault Brunet: série Vice city. 2012. Tirage encre pigmentaire . 20cm x 20.

En face, la galerie des Petits carreaux expose des photos d'Yves Trémorin où le corps devient paysage. La galerie Backslash, une habituée de la Slick, présente une belle verticale composée de plâtre, bois, verre et mousse de Boris Tellegen.

Boris Tellegen: Undersurface 1. 135cm x 102 x 8. Plâtre, bois, verre, mousse.

Boris Tellegen: Undersurface 1. 135cm x 102 x 8. Plâtre, bois, verre, mousse.

Au premier étage, Susan Tarasiève, galerie parisienne bien connue, offre aux regards des visiteurs les toiles de Romain Bernini. C’est d’ailleurs mon seul regret en ce qui concerne cette exposition, mais je trouve la peinture un peu sous représentée. A ce premier étage, de belles surprises m’attendent encore. La galerie Gabriel et Gabriel expose de grandes photos qui sont toutes une réflexion onirique sur la fragilité de la vie et le temps qui passe

Thoamas Devaux: Les bras. 2012. Tirage sur papier Fine Art texturé.

Thoamas Devaux: Les bras. 2012. Tirage sur papier Fine Art texturé.

En face, la galerie Paris-Beijing met en avant un artiste indien qui joue sur les cadres et le temps. J’observe et je pense au cinéma de Satiayat Ray.

Nandan Ghiya: Sans titre (Facebook series). 2012. 66cm x 56.

Nandan Ghiya: Sans titre (Facebook series). 2012. 66cm x 56.

Encore une Slick réussie. Si vous voulez voir les galeries émergentes qui ne cèdent pas à la provocation facile, si voulez découvrir des artistes qui ont leur univers... c’est là que ça se passe.

http://www.slickartfair.com/

Slick Art Fair Paris 66 rue de Turenne. 75003 Paris
de 12 à 20h - entrée : 10,00 euros