"La villa" de Robert Guédiguian: Quand le père se tait... reconstitution mélancolique de famille disjointe

Mis à jour le 30/11/2017 à 16H30, publié le 20/11/2017 à 13H44

À l'ombre du viaduc où va et vient le train-monde, une fratrie (Angèle, Joseph et Armand) de la calanque Méjean recherche la voix d'un père vieilli, renoue ses mémoires et questionne les valeurs reçues en héritage. Film plus familial que social, plus sentimental que politique même si la question des réfugiés, ajoutée finalement au scénario, est pour le réalisateur un essentiel de notre temps.

Dans le minuscule village calanquais, c'est Armand, le fils aîné qui continue de s'occuper du restaurant que tenait le père désormais taiseux... C'est l'hiver pour la saison et pour les êtres, à tout le moins l'automne. Ce moment de la vie où il est impossible de continuer un chemin sans avoir à se retourner, à réinventer ou sublimer ce qui reste de l'acquis. S'ajoutent à ces temps incertains l'été indien des amours transgénérationnels et un constat glacial: la Méditerranéen est aussi devenue un cimetière.    
"La villa Guédigian sarlat 2017 Mot à mot
Sortie le 29 novembre 2017.

Marius et Jeannette ont vieilli depuis 1997. Robert Guédiguian continue avec sa famille de cinéma : Ascaride, Meylan, Darroussin, entre autres comédiens de la tribu. Elle se dit et se questionne aussi dans ce vingtième film séquencé par le passage du train et dont les mots de minuit pourraient être nostalgie ou mélancolie - on verra dans ce mot à mot ce qu'en pense le réalisateur que nous avons rencontré au Festival du film de Sarlat. Mais saudade est peut-être celui qui lui correspond le mieux. Il est moins lourd, plus projectif.
Sinon, Robert Guédiguian tient à la qualité de ses souliers... Une façon de tenir son rang.       
Guédiguian Sarlat 2017 mot à mot

© Pascal Stelletta