"La vallée des loups" de Jean-Michel Bertrand: j'attendrais le jour et la nuit, j'attendrais ton retour...

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 01/01/2017 à 17H29, publié le 11/11/2016 à 12H00

https://videos.francetv.fr/video/NI_849253@Culture

Il connaît Belfast ou Oulan Bator, l'Irlande et la Mongolie. Il a fait ailleurs et pendant des années son travail de documentariste. Avant que la mondialisation du même l'abîme, il décide de revenir à Saint-Bonnet-en-Champsaur, son village natal entre Gap et le Parc national des Écrins. À 50 ans, un fort besoin d'existentiel dont les passeurs auront été un aigle, et aujourd'hui la famille loups.

Bon pied, bon oeil, ce Saint-Bonnetier d'origine -jeune, il a été moniteur de ski ou "planteur d'arbres" pour l'Office National des Forêts- va d'abord passer des heures à scruter dans ses Hautes-Alpes le ciel à la recherche de l'oiseau dont le vol et la royauté ont bâti de solides mythes. Aux films de commande va succéder un documentaire plus hésitant et personnel qui vise à dire l'oiseau et l'homme. Le bourlingueur trouve à deux pas de son jardin un chemin de soi. Dans "Vertige d'une rencontre"l'aigle est bien ce cabot royal et prédateur qui le fait tant fantasmer.
Mot à mot Bertrand Sarlat 2016 © J-M Bertrand
Après les décalages horaires et le monde en boucles, le temps de la patience. Filmer le rapace, attendre aujourd'hui les loups -autant de rêves d'enfance devenus passions d'adulte- demandent du mollet, de l'énergie, une bonne aptitude au bivouac, à la sublimation de l'ennui, à la prise de notes dans un carnet de grand-père ou l'habitude d'avoir froid aux pieds... et des heures, des mois, trois années pour qu'enfin les loups paraissent.
Ils se sont habitués à celui qui s'est fondu dans la nature, y a laissé ses odeurs -même celle de la clope- et y a pissé partout pour mieux marquer son territoire et faire accepter le calibre de son objectif. Voilà donc un film qui dit cet anti-héros emmitouflé ou suant, planqué sous ses toiles kakies, qu'il vente ou qu'il neige, finalement recompensé par les va-et-vient à deux pas d'une famille loup. L'animal a été traqué pour mauvaise réputation et est revenu naturellement d'Italie il y a quelques décennies. Ils se regardent, gardent leur distance. Le chasseur d'image et de communion naturelle ne cherchera pas la tannière -question de respect- et finira par les laisser dans leur coin, à l'abri des fusils.
Bertrand Sarlat mot à mot 2016 © Jean-Michel Bertrand
Le cinéaste en quête sait la difficulté d'un film (sortie le 4 janvier 2017) qui valorise un prédateur à pattes dans une région où le loup attaque les brebis. Qu'il en soit originaire met son hymne à la diversité naturelle à l'abri de trop de polémiques.
Il a accepté ce mot à mot à l'occasion du 25ème Festival du film de Sarlat où il reçoit le prix du jury jeunes Sony Playstation  
Bertrand Mot à mot Sarlat 2016

Le film -annonce:

https://videos.francetv.fr/video/NI_874811@Culture


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