VIDEO. Abdel Hafed Benotman: un écrivain bien connu des services de police meurt à 54 ans

Des mots de minuit
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 27/02/2015 à 13H52, publié le 26/02/2015 à 22H07

https://videos.francetv.fr/video/NI_155695@Culture

Il est libre. Né en 1960, l’écrivain Abdel Hafed Benotman, qui a passé un tiers de sa vie en prison est mort le 20 février 2015. Il a toujours estimé que l'enfermement est d'abord la conséquence d'une misère sociale avant d'être un lieu de mise à l'écart. Il était avec l'écrivaine turque Emine Sevgi OZDAMAR sur le plateau "Des mots de minuit" en mars 2001 pour "Les forcenés", un premier livre.

Premier livre publié chez Rivages. François Guérif ne pouvait pas manquer de repérer une écriture qui révélait "l'hiver buccal" ou "l'heure d'échafaud". Premier livre mais d'autres et quelques pièces de théâtre étaient déjà écrits.
Le garçon a du charme, son oeil a l'espiéglerie de ceux à qui on ne doit pas la faire. Il a connu très jeune les tribunaux et la cour d'assises. Toute sa famille est française. Lui, arrêté, alors qu'il était mineur, n'a pas eu l'occasion d'opter pour la France. Il se disait donc "écrivain algérien de langue française". Quand il n'était pas en prison, il habitait un logement social du sixième arrondissement de Paris. Gamin, à 16 ans, une première incarcération pour vol l'emmène à Fleury-Merogis. Les braquages comme les condamnations ont suivi... En 1995, il préfère la cavale à l'arrêté d'explusion qui l'attend. Et les peines s'alourdissent et le détenu devient particulièrement surveillé. L'écriture qu'il n'a jamais abandonnée lui autorise une seconde vie  (Éboueur sur échafaud, les Poteaux de torture, Garde à vue). Pour lui "la prison ne peut être justifiée que si le crime collectif, la guerre par exemple, est aussi puni". Dans cet entretien on comprend aisément que l'enfance maltraitée, la douleur ou la cruauté soient ses thèmes de prédilection malgré l'étincelle tendre de l'oeil. L'histoire veut que son roman autobiographique Éboueur sur échafaud soit publié  en 2003, année au cours de laquelle il braque une banque de Neuilly. Il porte un tee-shirt à l'effigie d'un personnage de Disney et prétexte un besoin de béquilles. Butin 19 000 euros. Il retrouve alors la prison et un ordinateur que lui passent ses codétenus pour continuer sa double vie.  Cet écrivain de polar, bougrement sympathique est parti avec le mystère intact de son ambivalence.
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