Mariano Llinás et "La Flor", film surréaliste de 808 minutes. Faites le calcul! 14 H dont une demi-plombe de générique!

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 04/10/2018 à 21H50, publié le 29/09/2018 à 11H32

Qu'importe que ses histoires n'aient pas 2 fin, que les tourner lui ait pris entre 7 & dix ans, que le contrepied soit l'un de ses modes, qu'il préfère la mise en lumière à la mise en abîme, qu'il s'autodérise, que les entractes permettent les mictions nécessaires, qu'il explore tous les genres, qu'il soit "argent in" et que son film ne coûte pas cher et qu'il soit approximatif sur son coût ...

Intervallo ...  

Qu'après Godard le retour à l'idiotie de l'enfance soit nécessaire pour faire du cinéma, qu'il explore tous les genres dumuetauthrillerdelaromanceaunoiretblancdumuetauxcartons, que ça dure plus d'une demi-journée, que Renoir soit une autre de ses références, que ça parle belge ou espagnol, que le chef espion s'appelle Casterman comme Tintin et la fusée lunaire ou qu'il s'endorme en route, que la presse s'en empare comme on s'esbaudit des phénomènes, que le théâtre avignonnais ait fait plus long, qu'il réconforte son public quand il vient sur scène avant la séance (à Biarritz, il y en aura trois) avec son fils en annonçant les "intervallo"...

Intervallo ...  

qu'un distributeur potentiel a commencé de s'arracher les cheveux qui lui restent pour imaginer une mise en salle, que ses quatre comédiennes (Elisa Carricajo, Valeria Correa, Pilar Gamboa, Laura Paredes) soient de tous les rôles et de toutes les bontés et méchancetés, que finalement foutraque soit un joli mot, que j'ai pu m'endormir ici ou là, que son "groupe" de cinéastes ait pour nom El Pampero comme le vent qui souffe sur les zétendues zimmenses et désertiques de la pampa, que le public biarrote soit un peu sorti et beaucoup revenu, qu'il porte une vraie ou fausse chemise Lacoste, qu'il ait peur des araignées ou fasse grimper les voitures aux arbres, que l'on ait parfois ces impressions de cul par dessus tête comme dans son générique, que ce film monde ou fleuve ou long ou démentiel soit en compétition à Biarritz ...

Intervallo ...      

Qu'importe puisque Mariano Llinás finit par avouer que, dans sa renouvellée et presque interminable éthique de la fiction cinématographique, son père était, prétend-il, dans ce Mot à mot biarrote, SURRÉALISTE ... 

La flor était en compétition au Festival biarritz amérique latine. Il obtient le prix du jury.
Mariano Llinás "Mot à mot" Biarritz 2018

© Pascal Stelletta

"Mariano Llinás est réalisateur et scénariste, membre du groupe de cinéastes El Pampero Cine. En 2002, il réalise son premier long-métrage Balnearios, puis en 2008, Historias Extraordinarias, qui reçoit alors une grande répercussion critique et obtient plusieurs prix en festivals. Scénariste d’Hugo Santiago (Le Ciel du centaure) et de Santiago Mitre (Paulina; El Presidente), la Fondation Konex le désigne comme l’un des sept plus importants réalisateurs argentins des années 2000, avec Fabián Bielinsky, Daniel Burman, Juan José Campanella, Lucrecia Martel, Eduardo Mignogna et Pablo Trapero. La Flor, fruit de sept ans de tournage, a reçu le prix du meilleur film au festival argentin (BAFICI) de cette année."

© Festival biarritz amérique latine
Dédicace Mariano Llinás Biarritz 2028


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