La chroniqueuse judiciaire Ondine Millot et le voyageur Vincent Hein; La bandonéoniste Louise Jallu: L'Émission #560

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 22/04/2018 à 09H42, publié le 19/04/2018 à 17H49

Au delà des faits et de l'horreur de huit néonaticides, une journaliste cherche une personne et son monde avant son irrécusée culpabilité, notre humanité avant sa part de ténèbres, une compréhension sans excuse... De ce pont, restent une chanson tronquée et le vague souvenir d'un film de genre. Sauf à aller en Thaïlande et à écrire un récit de voyage et notamment l'abjection d'une guerre

Des mots de minuit, L'Émission #560 du 19 avril 2018

Réalisation : Emi Maki 

Rédaction en chef : Rémy Roche
Montage : Cathy Destoup
Coordination : Marie-Odile Régnier
Direction: Philippe Lefait
© desmotsdeminuit.fr

Leurs mots de minuit sont "horreur" pour Ondine Millot et "bleu" pour Vincent Hein...  

LA CONVERSATION :

La protection de l'enfance et la lutte contre l'instrumentalisation de l'enfant sont les thèmes qui m'animent. Pas forcément dans le crime. Ça peut être dans les divorces. Il s'agit de cet enfant-objet que l'on ne voit pas comme une personne mais comme un petit être qui va servir à faire pression sur sa femme ou à compenser ses propres manques de l'enfance... à se trouver un statut ou à exercer ses pulsions violentes. Ce n'est pas un paradoxe ! C'est justement en allant vers les auteurs de crimes qu'on peut protéger les enfants. Il ne suffit pas de pleurer avec les victimes si on veut les aider, il faut chercher à savoir comment la violence leur arrive dessus.

Ondine Millot. desmosdeminuit.fr 2018.
Ondine Millot Des mots de minuit #560
"Entre 1989 et 2000, Dominique Cottrez, mère de famille, aide-soignante, a caché huit grossesses à son entourage, et tué ses huit nouveau-nés. À chaque fois, elle a accouché seule et étouffé les bébés. Elle a gardé leurs corps à côté de son lit.
Ondine Millot rencontre Dominique Cottrez cinq ans après son arrestation. Une relation se noue, elles se revoient. Sans jugement, mais non plus sans indulgence, la journaliste cherche à comprendre : l’enfance, les épreuves et le chemin qui ont mené aux crimes. Elle interroge la mère infanticide, son mari, ses deux filles adultes, ses proches.

Au-delà du fait divers, son récit au coeur de l’intime avance au fil de ses découvertes : les monstres n’existent pas. Seuls existent le silence, la détresse, la violence que l’on reçoit, et que l’on transmet ensuite aux autres, aux autres et à soi."
© Stock
(Lire quelques pages ...)
Ondine Millot dédicace #560



... Et vous tombez page 13 sur ces quelques lignes de Vincent Hein :
"Il poursuit en m’expliquant que le nom complet de la capitale était Krunghep mahanakhorn amorn rattanakosin mahintrayuthaya mahadilokphop noparatrachathani burirom udomrachaniwet mahasatharn amornphimarnavatarnsathit sakkatattiyavisanukamprasit. «Don’t worries! me dit-il en souriant dans le rétroviseur, that’s mean: Angel’s city, big town, home of the Emerald Bouddha, invincible city of God Indra, biggest capital of the world, owner of nine jewelery, happy and generous, city built by Vishnukarn 2.»"
... Et vous vous dites qu'il serait intéressant de lui faire lire ce passage dans l'émission. Et la mission impossible est impossible même quand on s'est initié aux langues orientales.
Au delà de la galéjade, il y a chez cette auteur une forme de pointillisme voyageur. D'Abidjan à Pékin, de Séoul à Kanchanaburi il procède par touches, n'hésitant jamais à emprunter les chemins de traverse qui mènent au tragique de l'histoire. De Kwaï à l'ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof, installé dans L'Alsace annexée à l'Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale. 
Vincent Hein #560
"Vous souvenez-vous du film de David Lean, Le Pont de la Rivière Kwaï, adapté d’un roman de Pierre Boulle ? Pour Vincent Hein, c’est une partie de son enfance — les soirées cinéma calé contre son père, près de la cheminée et devant la TV.

Alors, partir en Thaïlande sur les rives de la célèbre rivière, c’est plonger dans les eaux troubles de la mémoire.
Là-bas, le spectacle touristique ne cache pas l’exubérance de la nature et le souvenir des cruautés."

© Phébus

Vincent Hein dédicace #560

L'oblet qui les prolonge ... Le carnet de notes pour Vincent Hein. Les lettres que  Dominique Cottrez adresse à Ondine Millot ... 
Des mots de minuit #560 Vincent hein Ondine Millot Objets
 
MUSIQUE :
Louise Jallu interroge avec son bandonéon le monde du tango 
Des mots de minuit #560 Jallu bandonéon


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