Dessin animé. "Parvana, une enfance en Afghanistan": la naïveté pour défier la terreur

Rémy Roche
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 27/06/2018 à 18H19, publié le 27/06/2018 à 10H00

https://videos.francetv.fr/video/NI_1257723@Culture

Un conte triste sur l'obscurantisme religieux. Enfants et parents y pleureront avec plaisir des larmes d'espoir.

Fin des années 90, les talibans sont au pouvoir, appliquant avec violence leur doctrine obscurantiste. Dans la rue, la petite et si mignonne Parvana est au côté de son père qui a perdu une jambe au cours de la guerre contre les russes, pour vendre quelques menus objets afin subvenir aux besoins de sa famille qui vit dans un trou. Sur l'étalage, une jolie petite robe de Parvana que les religieux lui interdisent désormais de porter. Ce père est un homme sage qui aime raconter aux siens histoire, contes et légendes de son pays qui disent la grandeur de son peuple: toujours, après de mauvaises périodes, reviennent la paix et l'harmonie. Sa sagesse est jugée comme insolente et insultante, il est arrêté et jeté en prison.
Parvana a décidé de lui rendre visite dans sa geôle et l'en libérer. Pour mieux passer inaperçue, elle imagine un stratagème: couper ses cheveux et se déguiser en garçon. La mission est presque impossible, mais la fillette y croit, elle sera aussi courageuse et victorieuse que ce petit héros qui, dans un conte que lui a raconté son père, a terrassé le terrible éléphant aux yeux rouges dont les horribles guerriers-jaguars avaient confisqué la récolte de son village…

Réussite

Un rien manichéen, des très gentils et des très méchants, mais on pardonne vite, pas les talibans, mais un schématisme propre aux contes. Les enfants adorent les histoires féroces, pourvu qu'elles se terminent bien, ce qui n'est pas forcément ce que suggère la fin ouverte du film. Ils apprendront avec cet hymne à la résistance ce que savent déjà leurs parents, l'enfermement des femmes et la radicalité moyenâgeuse qu'imposent des contempteurs aveuglés par leur fanatisme religieux. Les afghans sont toujours soumis à cette terreur, ils ne sont pas les seuls.
Nora Twomey (co-réalisation de Brendan et le secret de Kells) réussit une jolie mise en images d'animation, triste mais pleine d'espoir. Elle documente un Kaboul de l'époque, lumière enveloppée dans un nuage de poussière, au sens propre comme figuré. Son imagination visuelle s'exprime en particulier dans la représentation du conte adjacent de l'affreux éléphant aux yeux rouges: splendide! Elle a eu aussi la bonne idée de confier le doublage de Parvana à la délicate actrice iranienne Golshifteh Farahani.
Une réussite, comme un baume bienfaiteur. Pour lutter contre les coups de soleil noir.
 
Parvana - Nora Twomey (Irlande) - 1h33

Bonus: Golshifteh Farahani, entretien:

https://videos.francetv.fr/video/NI_1257725@Culture


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