Villa Médicis : fin de mandat pour Muriel Mayette-Holtz, bilan et "réflexion" sur l'avenir de cette institution

Publié le 07/09/2018 à 12H12
Villa Medicis, avril 2018

Villa Medicis, avril 2018

© AGLILEO COLLECTION / AURIMAGES / AGLILEO / Aurimages

Le ministère de la Culture a annoncé jeudi le lancement d'"une réflexion de fond sur l'avenir" de la Villa Médicis à Rome, dont la directrice actuelle, Muriel Mayette-Holtz, n'est pas reconduite.

La directrice sortante a regretté le "mépris pour le travail accompli" de la part du gouvernement et défendu son bilan, dans une tribune publiée sur le site du Figaro.

"Afin de renforcer la capacité de la France à attirer et promouvoir la scène française d'art contemporain et les meilleurs talents du monde entier qui la choisissent pour créer, la ministre de la Culture a souhaité qu'une réflexion de fond soit menée (...) sur l'avenir" de l'Académie de France à Rome (AFR), explique le ministère dans un communiqué.

Redéfinition des missions de la Villa Medicis

Une mission a été confiée à Thierry Tuot, président du conseil d'administration de l'AFR, sur le soutien de l'Etat aux résidences d'artistes. "Dans ce cadre, les missions de cet établissement emblématique seront redéfinies en s'appuyant sur toute la richesse de son histoire et des liens étroits tissés entre la France et l'Italie", ajoute le ministère. "Sur la base des orientations retenues, une procédure de recrutement ouverte sera prochainement mise en oeuvre pour la nomination du directeur ou de la directrice", explique-t-on encore rue de Valois.

La ministre Françoise Nyssen "remercie" pour "son action" Muriel Mayette-Holtz, ancienne administratrice de la Comédie-Française, nommée en 2015 à la Villa Médicis où son mandat s'achève le 16 septembre. L'intéressée a regretté sa non-reconduction, malgré selon elle une "programmation culturelle saluée unanimement par le public et par la presse" et une augmentation "de 30% des ressources propres".

"Que le gouvernement cherche de nouveaux projets pour marquer son empreinte, rien de plus normal, mais cela implique-t-il de se conduire avec autant de mépris pour le travail accompli, surtout lorsqu'aucune idée concrète ne pointe encore son nez (...)?", écrit-elle dans sa tribune au Figaro. "Il est juste de repenser régulièrement les bien-fondés de nos institutions, mais (...) pas en urgence et sans concertation", estime Mme Mayette-Holtz.

Une Villa Medicis plus ouverte 

Première femme à avoir dirigé la Comédie-Française, Mme Mayette, 54 ans, fut aussi la première femme à la tête de la prestigieuse Académie de France. Elle avait été nommée par la ministre Fleur Pellerin, dans la polémique, en dépit d'une lettre ouverte d'une quarantaine d'artistes qui l'accusaient de ne connaître "aucun des domaines artistiques et intellectuels représentés à la Villa".

Dès son arrivée, cette comédienne avait notamment choisi d'ouvrir davantage les lieux, aux postulants comme au public. "Depuis 2015, Muriel Mayette-Holtz et ses équipes ont cherché à ouvrir davantage la programmation culturelle de l'Académie de France à Rome à la diversité des expressions artistiques.

Dans le cadre de son projet, Muriel Mayette-Holtz a veillé tout particulièrement à valoriser le travail d'artistes femmes", souligne le ministère dans son communiqué. La Villa Médicis accueille chaque année une nouvelle promotion de pensionnaires rémunérés, sélectionnée par un jury international, pour une durée de 12 ou 18 mois.