Turquie : l'arrestation d'un célèbre philanthrope inquiète Paris

Publié le 19/10/2017 à 19H40
Osman Kavala au Parlement europen, à Bruxelles, le 11 décembre 2014

Osman Kavala au Parlement europen, à Bruxelles, le 11 décembre 2014

© Wiktor Dabkowski / picture alliance / Wiktor Dabkow/MaxPPP

La diplomatie française s'est déclarée jeudi "préoccupée" par l'arrestation d'Osman Kavala, un célèbre homme d'affaires et philanthrope turc, et a appelé Ankara au "respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales".

Osman Kavala, l'"une des figures les plus importantes et les plus respectées de la scène culturelle et de la société civile turques", rappelle Paris, a été interpellé mercredi à sa descente d'avion à l'aéroport international Atatürk, à Istanbul, par des policiers qui l'ont ensuite emmené au siège de la section antiterroriste.

"La France, comme d'autres pays européens, coopère régulièrement avec M. Kavala, qui est un interlocuteur régulier de notre ambassade, et sera très attentive aux développements de cette affaire", a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay Agnès Romatet-Espagne. "Le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, en particulier la liberté d'expression, est indispensable à l'exercice de la démocratie. Il constitue le socle essentiel des engagements européens et internationaux de la Turquie", a-t-elle souligné.

Pressions croissantes sur la société civile turque

Osman Kavala, né à Paris, a co-fondé l'une des plus grandes maisons d'édition turques, Iletisim Yayinlari, et préside l'ONG Kültür Anadolu (Culture Anatolie) qui œuvre à surmonter les différences au sein de la société turque à travers la culture et les arts.

Son interpellation survient dans un contexte de pressions croissantes sur la société civile turque depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016, suivie de purges massives au cours desquelles plus de 50.000 personnes ont été arrêtées. Ces purges visent les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, auquel Ankara impute le putsch manqué, mais ont également touché des opposants politiques de Recep Erdogan, des médias critiques et des militants des droits de l'Homme.