Mathieu Gallet défend une redevance "universelle et automatique"

Par @Culturebox
Publié le 05/11/2017 à 18H00
Mathieu Gallet, le président de Radio France

Mathieu Gallet, le président de Radio France

© Charly Triballeau / AFP

Le président de Radio France Mathieu Gallet défend dans une interview au JDD dimanche la mise en place "d'une redevance universelle et automatique" pour financer "les indispensables mutations" de l'audiovisuel public.

"Une idée pourrait être d'instituer une redevance universelle et automatique, chaque foyer fiscal contribuant à cet effort, comme c'est le cas en Allemagne ou en Suisse", a expliqué Mathieu Gallet dans le Journal du Dimanche. Avec les PDG de France Télévisions, de l'INA, de TV5 Monde et de France Médias Monde, le président de Radio France a été chargé par le gouvernement d'une réflexion sur une réforme de l'audiovisuel public.
 
"Aujourd'hui, la redevance est payée par les personnes qui déclarent posséder un téléviseur, or cela n'a plus de sens compte tenu des modes de consommation des médias actuels", a-t-il ajouté. "Le chantier de la réforme de la redevance s'impose" pour "en financer les indispensables mutations".

Pour un média global

Pour que cette future redevance universelle soit bien utilisée pour ces réformes, il propose la création d'"un fonds d'aide à la transition numérique et à la transformation des organisations". "C'est ce qui s'est passé pour le renouvellement des salles de cinéma en France et c'est un succès", a ajouté le président de Radio France.
 
Mathieu Gallet envisage également que les pouvoirs publics incitent "les acteurs français, privés comme publics, à travailler ensemble".
 
"Nous sommes tous confrontés à l'émergence de nouveaux acteurs mondiaux disposant de moyens colossaux", a expliqué Mathieu Gallet donnant comme exemple le développement "d'un player commun qui diffuserait l'ensemble de nos programmes, comme le fait Hulu aux États-Unis",  pour "faire rayonner nos contenus en utilisant tous les modes de diffusion du numérique". Une démarche qu'il qualifie de "média global ".

La ministre de la Culture Françoise Nyssen s'est prononcée elle aussi, fin octobre, pour une évolution de la redevance à l'heure où un nombre croissant de Français regardent la télévision gratuitement via internet sur leurs ordinateurs, tablettes et téléphones.