Les traboules : les dessous du réseau secret des rues de Lyon

Par @Culturebox
Publié le 22/02/2018 à 16H01
intérieur d'une traboule du Vieux-Lyon

intérieur d'une traboule du Vieux-Lyon

© MAURICE SUBERVIE / ONLY FRANCE

C'est une particularité de la ville de Lyon, les deux collines qui en composent le relief, Fourvière et la Croix-Rousse sont parcourues de traboules. Ces allées internes aux immeubles relient les rues entre elles en un entrelacs difficile à maîtriser et qui dévoile une architecture typique. Ce réseau imaginé pour protéger la soie des intempéries a bien rendu service à la Résistance.

Impossible de visiter Lyon sans passer par ses traboules. Même si l'on en trouve dans d'autres villes de France, jusqu'en Alsace, le mot évoque d'entrée la capitale des Gaules. Dans le quartier Renaissance du Vieux-Lyon, dans celui de la Croix-Rousse mais aussi et c'est moins connu dans la Presqu'île, il désigne un réseau de 500 allées et places intérieures traversant les immeubles anciens et formant un entrelacs de venelles abritées reliant les rues entre elles. A l'origine, elles étaient destinées à protéger des intempéries la soie fabriquée dans les ateliers et transportée vers les boutiques. Le réseau, parfaitement maîtrisé par la Résistance lors de la seconde guerre mondiale, a été largement mis à profit par ses membres pour échapper aux autorités d'occupation.

Reportage : O. Martin / T. simonet / JC martin /  Images drone : Onlylyon/dynamic view

https://videos.francetv.fr/video/NI_1190067@Culture

Echappé belle

Les deux collines sont ainsi traversées par un réseau invisible à qui ne le connait pas. La "colline qui travaille" (Croix-Rousse) et la "colline qui prie" (Fourvière) ne sont pas aujourd'hui logées à la même enseigne.
Les traboules Renaissance du Vieux-Lyon ont bénéficié de la transformation en quartier touristique de cette partie de la ville autrefois mal famée. Mais elle ont bien failli disparaître. Les édiles des années 60 avaient en effet envisagé de raser le quartier pour le transformer en une sorte de "Front de Saône", à l'image du Front de Seine à Paris. Heureusement qu'un mouvement d'étudiants s'est alors élevé contre ce projet et permis de conserver à Lyon l'un de ses plus beaux quartiers. Incrit au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, il offre aujourd'hui un magnifique exemple d'architecture évoquant parfois irrésistiblement Florence. Les immeubles étant habités, la visite des traboules se fait dans un silence relatif afin que le défilé des touristes ne dérange pas les Lyonnais dans leur quotidien.
Du côté de la Croix-Rousse, les traboules sont davantage restées "dans leur jus". elle présentent la particularité d'être davantage pentues que dans les trois quartiers du Vieux-Lyon (d'amont en aval, Saint-Paul, Saint-Jean et Saint-Georges).