Les académiciens envisagent une "féminisation respectueuse" de la langue française

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/11/2017 à 18H51, publié le 24/11/2017 à 18H50
Académie française nuit © PHOTO12 / GILLES TARGAT

La secrétaire perpétuelle de l'Académie, Hélène Carrère d'Encausse a annoncé dans un courrier la nouvelle : les immortels vont "entreprendre d'ici à la fin de l'année une réflexion" pour une "féminisation respectueuse" de la langue française. C'est une vraie surprise au vu de la position des académiciens sur l'écriture inclusive : ils l'avaient condamnée comme un "péril mortel" pour le français.

"L'Académie française se propose de mettre en lumière les enjeux et les modalités d'une féminisation respectueuse de notre langue et qui s'inscrive dans la continuité de son histoire", écrit Hélène Carrère d'Encausse, en réponse au Premier Président de la cour, Bertrand Louvel.

L'évolution des mentalités appelle "une harmonisation" venant de l'Académie

Il avait sollicité son avis, constatant que la féminisation des fonctions "s'étend" au sein de la fonction publique et du corps judiciaire. 
"Mes confrères se sont accordés à reconnaître, écrit Mme Carrère d'Encausse, que l'ampleur de ces changements appelle une clarification et une harmonisation qu'il revient à notre compagnie de mener à bien". 
 
Il s'agit, selon le secrétaire perpétuel, de "voir comment notre langue peut prendre en compte les changements intervenus dans la société au cours des vingt dernières années et de répondre aux aspirations légitimes de nos concitoyennes".

L'Académie française va-t-elle nuancer sa position sur l'écriture inclusive? 

Fin octobre, l'Académie française avait qualifié, dans une "mise en garde", de "péril mortel" pour la langue française l'écriture dite "inclusive", destinée à mettre sur un pied d'égalité les femmes et les hommes. Selon elle, cette forme d'écriture "aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l'illisibilité".