Le Mexique se prépare à célébrer le traditionnel Jour des morts

Mis à jour le 31/10/2018 à 15H08, publié le 31/10/2018 à 15H07
Une femme déguisée en Catrina, lors d'une parade à Mexico.

Une femme déguisée en Catrina, lors d'une parade à Mexico.

© RODRIGO ARANGUA / AFP

Au Mexique, les habitants se préparent à célébrer le traditionnel Jour des morts, les 1er et 2 novembre. Entre déguisements, rites et offrandes, cet événement est aussi un moyen de réaffirmer la tradition mexicaine face à l'Halloween américain.

Au Mexique, pas d'Halloween qui tienne. Dans ce pays d'Amérique latine, on fête le Jour des morts, les 1er et 2 novembre. A l'approche de l'événement, des habitants de Mexico, la capitale, se déguisent en Catrina, représentation stylisée de la mort, pour venir au secours de la tradition mexicaine et contrer les symboles de l'omniprésente fête d'Halloween à l'américaine. A Mexico, un défilé a réuni des milliers de personnes passées entre les mains d'experts du body paint. 

Défendre les traditions mexicaines

C'est la cinquième année que ce défilé est organisé. Il cherche à défendre les traditions mexicaines face à la déferlante de déguisements de sorcières, de monstres et vampires d'Halloween dans les magasins du pays. Les organisateurs ont alors fait appel à des experts de la peinture corporelle et mis en place un concours du meilleur costume. Donovan Sanchez, grand gaillard musclé et tatoué, portait une coiffe de chef indien aux plumes bleutées, assortie à son visage aux tons azur. 
Au Chili, la communauté mexicaine s'organise pour le Jour des morts.

Au Chili, la communauté mexicaine s'organise pour le Jour des morts.

© ALONSO SEPULVEDA / NOTIMEX

A l'origine, la Catrina est née au début du XXe siècle de la main de l'artiste mexicain José Guadalupe Posada. Il la dessinait dans les journaux locaux pour dénoncer les injustices sous Porfirio Diaz, qui gouverna le pays sans partage avant d'être chassé du pouvoir par la révolution de 1910. La Catrina avait été baptisée par José Guadalupe Posada "La calavera garbanzera" (Le squelette vendeur de pois-chiche), en référence aux vendeuses de l'époque qui se donnaient des grands airs et s'habillaient à l'européenne, pour tenter de dissimuler leur origine indigène et modeste. Cette image, reprise par des artistes comme le peintre Diego Rivera, est depuis devenue un des symboles de la culture populaire mexicaine.

Des fleurs pour guider les défunts

Au pied du volcan Popocatepetl, près de Puebla, dans le centre du Mexique, un océan de fleurs orange dégage son arôme intense. Les pétales de "cempasuchil" ou rose d'Inde tapisseront les allées censées guider les âmes défuntes et accompagneront les offrandes à l'occasion du Jour des morts. Une offrande "sans fleurs de cempasuchil n'est pas une offrande !", s'exclame Yessica Ponte, une cultivatrice de 28 ans qui, munie d'une machette, en récolte des brassées sous un soleil de plomb.
Des paysans cueillent les cempasuchil à Puebla, au Mexique. Ces fleurs tapisseront les allées pour guider les âmes défuntes lors du Jour des morts.

Des paysans cueillent les cempasuchil à Puebla, au Mexique. Ces fleurs tapisseront les allées pour guider les âmes défuntes lors du Jour des morts.

© ULISES RUIZ / AFP

Qu'elles soient modestes ou somptueuses, les offrandes que font les Mexicains à leurs défunts sont toutes disposées sur du papier multicolore, près des portraits des êtres chers disparus et de bouquets de cempasuchil. "Je mets autant de fleurs que je peux", explique en souriant Ponte, qui forme ensuite à l'aide des pétales un petit chemin du cimetière "jusqu'à la rue" pour que les esprits des défunts puissent retrouver le chemin de leur maison.

Près des fleurs, entre bougies blanches, petites têtes de mort en sucre ou chocolat, on place également le "pain des morts", spongieux et sucré, ainsi que tous les mets que le défunt appréciait de son vivant, qu'il s'agisse de poulet à la sauce de mole (à base notamment de piment, cacao ou chocolat) ou encore de tequila. Selon les croyances, les pétales de cempasuchil conservent la chaleur du soleil et incarnent le divin. Son nom vient de "cempohualxochitl", signifiant "vingt fleurs" en langue indigène nahuatl. Les Aztèques s'en servaient pour décorer les autels et les sépultures, ainsi que pour enduire le visage des prisonniers avant leur sacrifice, ou encore comme remède contre certaines maladies.