Les 50 ans de la Chaise-Dieu : entre années houleuses et jeunes talents

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/08/2016 à 15H09
Nemanja Radulovic  dans  l'Auditorium Cziffra lors du 46e Festival la Chaise-Dieu, 

Nemanja Radulovic  dans  l'Auditorium Cziffra lors du 46e Festival la Chaise-Dieu, 

© PHOTOPQR/LA MONTAGNE

Le festival de musique de la Chaise-Dieu fête cette année son demi-siècle d’existence. L’occasion de revenir sur les périodes de cet événement incontournable de la scène musicale classique. Après sa création par le pianiste hongrois George Cziffra, focus sur les années 2000 à nos jours.

Retour en 2003, une année qui marque le changement et un air de renouveau dans le festival de musique de la Chaise-Dieu. Un nouveau directeur reprend alors le flambeau de la manifestation estivale : Jean-Michel Mathé, ingénieur de formation, mélomane et surtout ancien bénévole du festival.

Des années houleuses

La reprise du festival ne sera pas tâche facile pour le nouveau directeur puisque 2003 est également l’année des manifestations d' intermittents du spectacle, qui protestent contre la réforme modifiant leur statut. Un problème pour le festival qui voit ses représentations perturbées pas les manifestants. À l’époque, Jean-Michel Mathé c’est même exprimé à leur sujet. "Je ne vois pas l’intérêt de venir perturber un festival qui n’en a pas besoin et qui est vraiment fragile".

Fragile, c’est le mot. Dans son histoire, le festival a été bouleversé certaines années, au point d’être contraint d'annuler des représentations. L’actuel directeur du festival Julien Caron cite quelques exemples. "Déjà dès les premiers temps, deux éditions ont été annulées, 1970 et 1972, parce que les bonnes volontés des pionniers ont commencé à s’épuiser. Et puis, plus récemment, 2014 a été une année difficile suite au décès brutal de notre président Jacques Barrot, en plus d’une baisse de fréquentation et des éléments financiers un peu inquiétants. De manière régulière, un petit peu cyclique, le festival doit faire face à des moments de crise".

Reportage : G.Rivollier / C.Darneuville / A.Desprès

https://videos.francetv.fr/video/NI_783303@Culture

 

Trouver de nouveaux talents

Mais parfois, les malheurs des uns font le bonheur des autres, à l’image du jeune violoniste Nemanja Radulovic qui remplace au pied levé son maître Patrice Fontanarosa, c’était en 2002. Le succès est au rendez-vous autant pour le festival que pour l’artiste, qui y trouve une rampe de lancement pour sa carrière. Les Victoires de la Musique offrent au festival un vivier de nouveaux talents de la musique classique. Exemple : les frère Capuçon, Renaud et Gautier, distingués aux Victoires de la musique à 27 et 22 ans.

Et puis le festival s’occupe de faire émerger de nouveaux talents comme le jeune chef-d ‘orchestre Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion, en concert à Brioude en 2008. L’événement musical de la Chaise-Dieu est reconnu comme le point de départ de certaines carrières artistiques, mais pour le jeune directeur Julien Caron, c’est surtout un mouvement d’aller-retour avec les artistes. "Il y a ceux qui ont permis au festival d’acquérir sa notoriété, à commencer évidemment par George Cziffra, et ceux que le festival a permis de faire connaitre et de faire découvrir. Et il y a aussi les compagnons de route, ceux qui marchent à nos côtés depuis le début comme Jean-Claude Malgoire, c’est peut-être de tous les chefs, un de ceux qui a dirigé le plus de répertoires différents à la Chaise-Dieu". Comme Jean-Claude Malgoire, Françoise Lasserre est une habituée de la Chaise-Dieu. Elle a permis notamment au festival d’explorer de nouveaux chants de créations comme en 2014 avec son ensemble Akademia, de la musique ancienne à l’instrument et à la voix.

Un festival qui s’étend

Ouverture à la jeunesse, ouverture des répertoires et des lieux. En 2010, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand inaugure le nouvel auditorium de la Chaise-Dieu, au nom de Georges Cziffra. Une plus petite salle qui permet de varier les ambiances. "L’Abbatiale à quelque chose de majestueux mais aussi d’impressionnant et écrasant alors que cet auditorium, qui est plus convivial, permet au festival de garder ce côté généraliste et d’avoir dans l’enceinte même de l’Abbaye deux lieux complémentaires", confie Julien Caron.

Au fil des années, la Chaise-Dieu a confirmé sa place dans la musique classique avec des chefs prestigieux à l’affiche comme Michel Corboz et son ensemble de Lausanne ou encore Jean-Claude Casadesus et l’orchestre nationale de Lille. Pendant une dizaine de jours, le festival accueille plus de 20 000 spectateurs chaque fin d’été.