Naporama : en Corse, la vie de Napoléon se raconte en Playmobil

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 27/07/2018 à 11H14, publié le 27/07/2018 à 10H35
Frédéric Pierrot a réussi à recréer les plus grandes batailles de Napoléon en créant une armée entière de Playmobil à la cocarde.

Frédéric Pierrot a réussi à recréer les plus grandes batailles de Napoléon en créant une armée entière de Playmobil à la cocarde.

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Naporama, dans son musée situé à Ajaccio, Frédéric Pierrot recrée la vie de Napoléon Bonaparte à l'aide de Playmobil décorés minutieusement à la main. Une opportunité pour les enfants de découvrir les épisodes de la Bérézina ou encore des "Cent jours" d'une manière ludique.

Le sacre impérial de 1804, la campagne d'Egypte, le coup d'Etat du 18 Brumaire... reconstitués avec 800 Playmobil customisés: au coeur de sa ville natale d'Ajaccio, un micro-musée insolite invite à découvrir des scènes-clés de la vie de Napoléon Bonaparte.
 
En créant ce musée en juillet 2016, Frédéric Pierrot, entrepreneur du numérique de 53 ans, voulait "faire une proposition originale en dehors des sentiers omniprésents du numérique", "retrouver ce que je faisais à dix ans, des reconstitutions" et "donner une réponse à Ajaccio qui n'existait pas sur la vie de Napoléon", explique-t-il.

Un travail minutieux

Puisant dans sa collection personnelle, ce passionné a modifié les figurines à l'aide de papier, peinture, raphia, d'accessoires moulés et pour certains de "customisateurs" professionnels. Il est d'ailleurs possible d'acheter sur place pour 20 euros, un Napoléon ou une Joséphine, fait à la demande. 
 
Dans un petit local vouté, à deux pas de la cathédrale, Frédéric Pierrot, armé d'une longue baguette en bois, mêle la grande histoire aux anecdotes lors de la visite guidée. "L'hiver de ses 13 ans, Napoléon a organisé pendant trois jours une bataille de boules de neige à l'école militaire de Brienne", à l'est de Paris. "Pour les historiens, ces journées montraient déjà son caractère de futur chef", raconte-t-il.
Frédéric Pierrot utilise ses figurines uniques pour raconter les dessous des plus grandes batailles de Napoléon Bonaparte.

Frédéric Pierrot utilise ses figurines uniques pour raconter les dessous des plus grandes batailles de Napoléon Bonaparte.

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Viennent ensuite des reconstitutions ludiques du siège de Toulon (1793), des batailles du pont d'Arcole (1796), des Pyramides (1798) ou de Marengo (1800), du coup d'Etat du 18 Brumaire ou encore du sacre impérial de 1804. Le ton du guide est romanesque, ses histoires parlent de courage, d'amitié, d'héroïsme ou de coquetterie.

Visite ludique

Ce dernier explique aussi comment les tumultes conjugaux de Napoléon ont influencé sa rédaction du code civil. Peu de temps avant son sacre en 1804, sa femme Joséphine a confié au Pape qu'ils n'étaient mariés que civilement, ce qui l'empêchait de devenir empereur. Un mariage religieux fut donc organisé à la hâte et Napoléon, irrité, mettra le mariage civil en avant dans le droit français.
 
Pour maintenir l'attention des plus petits, Frédéric Pierrot leur lance un défi: trouver des intrus glissés au milieu des scènes napoléoniennes. "Apprenez à enquêter les enfants", leur glisse-t-il. "Y a un fantôme ici", s'enthousiasme Maxence, Stéphanois de 7 ans et demi en vacances chez sa grand-mère. Ici, se cache Harry Potter, là Yoda, Jack Sparrow, Sherlock Holmes ou un Pokémon, pointent les enfants.
 
L'entrée coûte 3 euros pour les plus de 10 ans et le musée, qui accepte des dons, a nécessité 10.000 euros d'investissement du créateur bénévole. "Playmobil a approuvé mon initiative mais ne la finance pas, c'est une collection privée".

Un rêve d'enfant

Lorsqu'un touriste polonais vivant au Royaume-Uni se présente avec femme et enfants, Frédéric Pierrot fait la visite de 20 minutes en anglais. "C'était drôle, inattendu, pour les enfants, c'était bien de présenter cette histoire avec des jouets, ils sont plus impliqués", salue Robert Drabowski, satisfait.
 
Lui succède Simon Mattens, Belge de 25 ans originaire de Gand, qui a découvert les lieux par hasard. "Je faisais la même chose quand j'étais enfant, je créais mes propres petites batailles. Les gens ne se rendent pas compte du temps que ça prend. C'est vraiment épatant, comme un rêve d'enfant".