Déserts culturels : Françoise Nyssen critiquée pour son action et son plan

Mis à jour le 24/04/2018 à 14H16, publié le 24/04/2018 à 13H58
Françoise Nyssen à l'Élysée le 20 avril 2018

Françoise Nyssen à l'Élysée le 20 avril 2018

© Villard / Sipa

Le plan de la ministre de la Culture Françoise Nyssen pour lutter contre les déserts culturels s'attire les foudres des Centres dramatiques nationaux, qui se sont joints aux critiques croissantes contre l'action de la ministre à qui le gouvernement maintient sa confiance.

Dans une tribune sur le site de Libération, l'association des Centres dramatiques nationaux s'en est pris lundi soir au plan "Culture près de chez vous", projet phare de la ministre en faveur d'une plus grande accessibilité à la culture. Ils le jugent "inconséquent" et y voient "du mépris pour l'ensemble des acteurs culturels".

Françoise Nyssen "a toute la confiance du Premier ministre, à n'en pas douter", a assuré mardi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux sur CNews, alors que le quotidien Libération consacre sa une mardi à la ministre, ancienne patronne des éditions Actes Sud, et aux "maladresses sur les dossiers dont elle a la charge", en évoquant notamment les projets de réforme dans l'audiovisuel public ou de "pass culture" pour les jeunes.

"Elle travaille sur des sujets structurants, demain la question de l'audiovisuel public (...) et je crois qu'elle est respectée dans le milieu de la culture", a estimé Benjamin Griveaux, pour qui "ça durera (les attaques) le temps de quelques jours et puis ça passera comme d'autres modes." "La ministre est au travail", a indiqué à l'AFP l'entourage de Françoise Nyssen, refusant de commenter.

Les Centres dramatiques dénoncent "une méconnaissance totale de la situation", voire "une irresponsabilité politique", "un mépris" pour les acteurs culturels

Dans leur tribune intitulée "Culture près de chez vous, mais sans nous", les Centres dramatiques nationaux, fer de lance du théâtre public en région, regrettent que le plan ne s'appuie pas sur la décentralisation, "c'est-à-dire la présence en région d'institutions d'envergure nationale, productrices d'œuvres à rayonnement national (...) à l'œuvre depuis soixante-dix ans."

Le plan présenté fin mars doit mobiliser 6,5 millions d'euros en 2018 avec l'objectif d'atteindre 10 millions en 2022 et ambitionne notamment de donner à voir les productions de la Comédie-Française dans les régions isolées (alors que cette dernière fait déjà des tournées en province) ou de faire circuler les chefs-d'œuvre des collections nationales.

"Demander aux établissements nationaux parisiens de rayonner davantage dans nos campagnes et autres zones blanches (...) relève au mieux d'une méconnaissance totale de la situation, au pire d'une irresponsabilité politique et d'un mépris pour l'ensemble des acteurs culturels", estiment les Centres dramatiques nationaux, dénonçant le "centralisme" de la démarche et le "saupoudrage" de moyens.