Deauville : un homme, une femme, le cinéma et les peintres

Mis à jour le 01/09/2018 à 11H28, publié le 01/09/2018 à 09H51
"Les Planches à Deauville" tableau de James Rassiat

"Les Planches à Deauville" tableau de James Rassiat

© France 3 Culturebox Capture d'écran

La cité balnéaire de Deauville, en Normandie, n'a pas attendu 1975 et la création du festival du cinéma américain pour attirer les personnalités. Sa situation à deux heures de Paris, l'élégance du site et de son architecture en ont fait un lieu de villégiature apprécié des mondains parisiens. La qualité de sa lumière et la beauté ses paysages ont depuis longtemps attiré les plus grands peintres.

Ce sont les peintres les premiers qui ont remarqué la lumière si particulière de Deauville, de la Côte Fleurie et du Pays d'Auge. La lumière normande les a attirés comme des papillons et nombre d'entre eux, à commencer par les Impressionnistes, y ont peint leurs plus belles toiles.

Bien longtemps avant que Lionel Chouchan ne choisisse Deauville pour y installer son festival du cinéma américain, les Parisiens huppés y passaient leurs weekends et, quand Monsieur travaillait la semaine, il y retrouvait Madame et les enfants le vendredi soir pour en repartir le dimanche en fin d'après-midi. L'autoroute A13 devenait une extension des boulevards des Maréchaux. Au point que Deauville décrocha le surnom de "21e arrondissement de Paris" !
La chanson du générique d'un film comique de 1962, "Nous irons à Deauville", se moque de cet entre-soi parisien qu'emportent avec eux les automobilistes immatriculés 75 ou 92 !

Les Parisiens vont sur les planches pour voir déambuler... les Parisiens !

Chanson générique de "Nous irons à Deauville"

1966. Coup de romantisme sur Deauville : Jean-Louis Trintignant y serre Anouk Aimée contre lui en tournant dans le sens contraire de la caméra de Claude Lelouch. "Un homme et une femme" change à jamais l'image de la station balnéaire. Deauville, hors saison. Deauville dans la brume, les chevaux attelés aux sulkys s'entrainant au petit matin longeant la plage dans les premières vagues et faisant se lever des vols de goélands. Un autre charme, avec Chabadabada et sans bling bing, la Normandie retrouvée.
"Un homme et une femme" de Claude Lelouch (extrait)
Golf, Casino, champs de courses, haras, restaurants, discothèques, clubs de sport et hôtels haut de gamme, Deauville dispose de tout un arsenal d'arguments pour attirer une clientèle fortunée. Mais la proximité de Paris suscite aussi un tourisme plus modeste. La SNCF a longtemps vendu des billets "un jour à la mer". Les estivants du dimanche, munis de sandwiches et de parasols pliants, prenaient le train à la gare Saint-Lazare tôt le matin direction la plage, à quelques pas des heureux proprétaires de cabines sur les planches. Et depuis 1975, ils peuvent avoir la chance de croiser l'une ou l'autre star américaine, venue défendre un film, prendre l'air de la Normandie (très symbolique, la Normandie pour les Américains depuis un certain 6 juin 1944) ou donner son nom au passage à l'une des centaines de cabines de plage.

Chevaux de course à l'entraînement le matin à Deauville

Chevaux de course à l'entraînement le matin à Deauville

© Jean-François Lixon