Attaques antisémites : l'Académie française "indignée"

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 20/02/2019 à 14H09, publié le 20/02/2019 à 14H05
L'Académie française, hébergée par l'Institut de France, de nuit (15 octobre 2018)

L'Académie française, hébergée par l'Institut de France, de nuit (15 octobre 2018)

© Manuel Cohen / AFP

Réagissant quelques jours après les faits et la vague de condamnations qui a suivi, l'Académie française a fait part mercredi de son "indignation" après les attaques antisémites à l'encontre de deux de ses membres, Simone Veil et Alain Finkielkraut.

"L'Académie française, indignée par les attaques antisémites dont ont fait l'objet deux de ses membres, Mme Simone Veil et M. Alain Finkielkraut, s'élève fermement contre ces actes inacceptables et tient à exprimer sa fidélité à la mémoire de Mme Simone Veil et sa solidarité à M. Alain Finkielkraut", a indiqué l'institution dans un bref communiqué, merdredi 20 février.

Le visage de Simone Veil, peint au pochoir sur des boîtes aux lettres parisiennes, a été récemment souillé par des croix gammées, effacées depuis. Le philosophe Alain Finkielkraut a été quant à lui victime d'injures à caractère antisémite samedi en marge d'une manifestation des "gilets jaunes" à Paris. Depuis, une enquête a été ouverte.

Deux académiciens touchés par la Shoah

Reçue à l'Académie française en 2010, Simone Veil (disparue en juin 2017) portait gravés sur son épée d'académicienne son numéro de déportée à Auschwitz-Birkenau, le 78651, et la devise de la France (Liberté, égalité, fraternité) et de l'Europe (Unie dans la diversité).

Membre de l'Académie depuis 2016, Alain Finkielkraut qui aime se définir comme un "héritier des Lumières" est le fils unique de parents juifs polonais. Son père fut un rescapé du camp d'Auschwitz-Birkenau. "S'appeler Finkielkraut et être accueilli parmi vous au son du tambour, c'est à n'y pas croire", rappelait l'essayiste lors de son intronisation à l'Académie.

"C'est de France, et avec la complicité de l'État français, que mon père a été déporté, c'est de Beaune-la-Rolande, le 28 juin 1942, que son convoi est parti pour Auschwitz-Birkenau. Le franco-judaïsme alors a volé en éclats, les Juifs qui avaient cru reconnaître dans l'émancipation une nouvelle sortie d'Égypte, ont compris qu'ils ne pouvaient pas fuir leur condition", ajoutait le philosophe.