Une tribune de grands cinéastes pour soutenir la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Mis à jour le 18/05/2018 à 09H16, publié le 18/05/2018 à 09H15
Robert Guédiguian, réalisateur et membre du jury du Festival de Cannes, est l'un des signataires de la tribune pour la défense de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Robert Guédiguian, réalisateur et membre du jury du Festival de Cannes, est l'un des signataires de la tribune pour la défense de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

© LOIC VENANCE / AFP

Des cinéastes et acteurs, parmi lesquels Philippe Garrel, Robert Guédiguian et Adèle Haenel, appellent dans une tribune au Monde publiée jeudi à "filmer et à défendre" la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Cet appel intervient au moment d'une deuxième opération d'expulsion visant une dizaine de "squats", lieux de vie des zadistes.

Un "lieu qui lutte pour construire des imaginaires". C'est de cette manière que plusieurs cinéastes et acteurs ont qualifié la ZAD de Notre-Dame-des-Landes dans une tribune du journal le Monde.
 
"Nous, cinéastes, appelons à 'mordre', c'est-à-dire à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat", indique le texte, signé notamment par Julie Bertuccelli, Serge Bozon, Dominique Cabrera, Catherine Corsini, Miguel Gomes, Clotilde Hesme, Aki Kaurismäki, Arnaud des Pallières, Nahuel Pérez Biscayart, Claire Simon, Paul Vecchiali.
 
"Car défendre la ZAD lorsque l'on fait du cinéma, c'est défendre une idée de l'expérimentation, c'est défendre un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires, d'autres imaginaires, pour dessiller le regard et supprimer l'agonie", poursuivent-ils.

"L'État s'acharne à détruire des expériences communes"

"L'État s'acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d'organisations qui s'inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l'habitent", indiquent encore les signataires, qui disent avoir "entendu l'appel en soutien à la ZAD dans le film Vent d'Ouest", court-métrage mis en ligne le 9 mai parodiant Jean-Luc Godard.
 
"Nous sommes au mois de mai 2018. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l'action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues", accusent-ils.