Face à la "pression politique", Weinstein refuse de témoigner devant un grand jury

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 30/05/2018 à 20H59, publié le 30/05/2018 à 20H50
Harvey Weinstein (à droite) et son avocat Benjamin Brafman le 25 mai.

Harvey Weinstein (à droite) et son avocat Benjamin Brafman le 25 mai.

© POOL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Harvey Weinstein ne témoignera pas devant un "grand jury" appelé à confirmer les accusations de viol et de fellation forcée portées contre lui. C'est ce qu'a annoncé le 30 mai son avocat, accusant le procureur de céder à "la pression politique" pour l'inculper.

Le producteur déchu, accusé depuis l'automne par près d'une centaine de femmes d'abus sexuels allant du harcèlement au viol, a été inculpé pour la première fois le 25 mai par la police new-yorkaise pour un viol présumé commis en 2013, et une fellation forcée sur une actrice en 2004. Harvey Weinstein, 66 ans, a ensuite été présenté à un juge et remis en liberté, moyennant une caution d'un million de dollars, le port d'un bracelet électronique, et des déplacements limités aux Etats de New York et du Connecticut.

Le "grand jury" initialement prévu

Mais les preuves réunies contre lui par le bureau du procureur de Manhattan devaient encore être présentées mercredi devant un "grand jury", un panel de jurés qui, selon le système judiciaire américain, doit confirmer que les preuves sont suffisantes pour une inculpation.

Ben Brafman, l'avocat de Weinstein, a affirmé que le procureur ne lui avait pas fourni les détails correspondant aux deux accusations que le 25 mai au soir, à la veille d'un long week-end férié aux Etats-Unis, ce qui ne lui laissait "pas assez de temps pour bien préparer M. Weinstein" à son audition par le grand jury. Dans un communiqué, Ben Brafman, un ténor du barreau new-yorkais, a aussi souligné avoir demandé un report du grand jury, en vain.  

L'inculpation par un grand jury serait "inévitable"

Ben Brafman a dénoncé ce partage tardif d'informations comme "particulièrement troublant", d'autant que l'accusation de viol émanerait selon lui d'"une femme avec qui M. Weinstein a eu une relation sexuelle consentie pendant 10 ans, qui s'est poursuivie après la plainte de viol pour 2013". La police et le procureur n'ont jusqu'ici donné aucune information sur l'identité de l'accusatrice.

Brafman a estimé que l'inculpation par un grand jury était de toutes façons "inévitable", compte tenu de "la pression politique injuste" mise sur le procureur pour inculper l'ancien producteur. 

Le mouvement #MeToo, né dans la foulée des premières révélations contre Harvey Weinstein en octobre dernier, a applaudi son inculpation par la police le 25 mai. Les figures de proue du mouvement avaient dénoncé l'absence de poursuites contre le producteur déchu en mars et obtenu du procureur de l'Etat de New York qu'il enquête sur les raisons de cette absence d'inculpation par le procureur de Manhattan.