Une première : Arnaud Sélignac tourne en prison avec des détenues de Joux-la-Ville

Mis à jour le 31/10/2017 à 16H13, publié le 31/10/2017 à 11H06
Arnaud Sélignac tourne dans la prison de Joux-la Ville

Arnaud Sélignac tourne dans la prison de Joux-la Ville

© France 3 / Culturebox

C'est une première en France ! L’administration pénitentiaire a autorisé le réalisateur Arnaud Sélignac à tourner "Mise à nu(e)" avec des détenues de la prison de Joux-la-Ville dans l'Yonne. 11 femmes ont été retenues pour donner la réplique à des comédiennes professionnelles. Le tournage a duré 21 jours. "Mise à nu(e)" doit sortir sur les écrans au printemps prochain.

Depuis trois semaines, le réalisateur Arnaud Sélignac a posé ses caméras au Centre de détention de Joux-la Ville dans l'Yonne. Ce n'est pas la première fois qu'un film est réalisé en prison mais c'est bien la première fois que des détenues sont autorisées à jouer la comédie aux côtés d'acteurs et actrices professionnelles.

Pour donner la réplique à Christine Citti et Fabienne Périnneau les deux actrices professionnelles, 11 détenues ont été choisies pour ce long-métrage "Mise à nu(e)" qui raconte la féminité en milieu carcéral.

Considérées comme des êtres humains

Pour les unes et les autres il a fallu un temps d'adaptation : "Au début on a beaucoup parlé des conditions, comment on vit ici " explique Fabienne Périnneau. Juliette Etoa qui lui donne la réplique confirme : "Elle est arrivée, elle ne savait rien. Elle ne savait pas comment se comporter, comment nous on vit ici, donc on l'a briefée sur certaines petites choses".

Ils sont adorables, ils nous expliquent bien. Ils nous considèrent comme des êtres humains et non comme des numéros d'écrou

Anaïs Piedeloup
Comédienne amatrice

Reportage France 3 Bourgogne : G. Talon / M. Bayce / C. Frèrebeau

https://videos.francetv.fr/video/NI_1110663@Culture

Les conditions de tournage sont évidemment très particulières et très encadrées. Arnaud Sélignac (le réalisateur notamment de "Vieilles canailles" et "L'amour en plus") est entouré d'une équipe légère de cinq personnes. "Au départ, il a fallu que je gagne leur confiance. Et bizarrement, parce qu'on est dans une prison, elles m'ont amené une liberté de parole que je trouve rarement à l'extérieur".

Tout le monde y trouve son compte

Le centre de détention de Joux-la Ville est habitué à cette ouverture sur l'extérieur. La semaine dernière le groupe Tryo est venu donner un concert dans ces murs. Pour l'administration pénitentiaire, ce tournage a des airs de test : "Quand des détenus montrent qu'ils savent faire des choses, qu'ils sont partie prenante d'activités quelles qu'elles soient, tout le monde y trouve son compte dans la paix, dans les relations entre les personnels et les détenus. C'est un tout !" explique Francis Gervais le directeur du centre de détention de Joux-la Ville.

"Mise à nu(e)" devrait sortir au printemps 2018. Certaines détenues pourront aller le voir au cinéma, d'autres le découvriront depuis la prison.