Le calvaire des "33" mineurs chiliens bientôt au cinéma

Par @Culturebox
Publié le 21/12/2013 à 12H21
Au Chili, le campement des proches des 33 mineurs bloqués au fond pendant 69 jours (octobre 2010)

Au Chili, le campement des proches des 33 mineurs bloqués au fond pendant 69 jours (octobre 2010)

© Ariel Marinkovic / AFP

L’histoire des 33 mineurs chiliens bloqués au fond pendant 69 jours en 2010 va bientôt revivre au cinéma, dans une production américaine, avec Antonio Banderas dans le rôle de Mario Sepulveda, meneur charismatique, et Juliette Binoche, en soeur d'un des mineurs.

Sous une chaleur infernale, 33 acteurs originaires de plusieurs pays répètent et enchaînent les prises du film "The 33", qui retrace l'histoire incroyable de ces travailleurs, prisonniers à plus de 600 mètres sous terre après l'effondrement de la mine de cuivre de San José, à 800 km au nord de Santiago du Chili.
 
"Il ne s'agit pas seulement du défi physique que ces 33 hommes ont affronté. Mais de l'aspect émotionnel, cette incertitude quant au fait de savoir s'ils allaient vivre ou mourir, s'ils allaient devenir fous", explique Gregg Brilliant, un des porte-parole de la production américaine du  film.
 
Un premier tournage dans une mine de Colombie
Celle-ci a choisi deux sites situés à 50 km de Bogota, en Colombie, où un cordon de sécurité n'empêche pas les curieux de se rassembler, dans l'espoir - déçu - d'apercevoir une vedette. Dans la mine de sel de Nemocon, à 2600 mètres d'altitude, l'humidité et l'enfermement s'ajoutent à l'air raréfié de cette région montagneuse pour recréer une ambiance lourde et oppressante.
 
Le film raconte le sauvetage grâce à une capsule spéciale du groupe de mineurs emmenés par le personnage charismatique de Mario Sepulveda, interprété par la star espagnole Antonio Banderas.
 
Sous la direction de la réalisatrice américaine Patricia Riggen, les acteurs suent copieusement et, avant chaque scène, la maquilleuse du tournage ne doit pas ménager pas sa peine.
 
Un défi : la perte de poids des mineurs
L'ambiance est réelle, ce n'est presque pas nécessaire de jouer", confie Lew Diamond Phillips, qui interprète Don Lucho, le chef d'équipe des mineurs qui par son autorité a pu notamment organiser le rationnement durant leur calvaire.
 
La question de la nourriture a d'ailleurs posé à la production l'un des principaux défis pour le tournage : la perte de poids des mineurs, qui ont survécu avec des petites boîtes de thon et quelques gorgées de lait. Ana Lozano, la responsable du maquillage, souligne que, malgré une diète imposée, aucun des acteurs n'a pu fondre autant que les mineurs eux-mêmes.
 
On a joué avec les effets d'ombres et de lumière pour marquer le dessin des côtes et on a même expérimenté des petites prothèses spéciales pour accentuer les os du visage.
 
Une deuxième étape au Chili pour tourner en extérieur
La production n'a pas non plus lésiné sur la documentation : pas moins de 15 gigabits d'information, y compris les rapports médicaux sur les mineurs. Des équipements en latex ont permis, par exemple, de simuler les rougeurs et la desquamation de la peau.
 
Après cette étape colombienne, l'équipe se rendra "début 2014 au Chili pour filmer les scènes extérieures dans l'impressionnant désert d'Atacama", annonce Gregg Brillant, en précisant que le tournage sera effectué aux "emplacements réels".
 
C'est dans cette seconde phase qu'interviendra la vedette française Juliette Binoche. Elle interprètera la soeur du mineur Dario Segovia, celle qui organisa un campement improvisé près de la mine. Baptisé le "campement de l'espérance", il fut le lieu de communion des proches des "33". Le rôle devait initialement être joué par Jennifer Lopez.
 
Une plainte a été classée
"Le film ne se limite pas à l'événement seulement. Il traite des gens, ceux d'en haut comme ceux d'en bas, qui sont restées près de leurs êtres chers et qui ont entretenu l'espoir de leur venir en aide, dans un sauvetage paraissant alors impossible", conclut Gregg Brillant.
 
Le long-métrage ne racontera pas la suite de l'histoire, moins  réjouissante. Trois ans après l’éboulement qui avait enterré vivants les 33 mineurs pendant 69 jours, la justice a classé en août dernier leur plainte contre les propriétaires de la mine de San José. Une autre plainte, pour négligence, a été déposée contre l’Etat
 
A 700 m de fond, sans aucun contact avec l’extérieur pendant 17 jours, ils avaient été libérés grâce à une opération titanesque qui avait captivé le monde entier.
 
Considérant que les conditions de sécurité n'avaient pas été contrôlées avant l'accident, les mineurs exigent une indemnisation de 540.000 dollars (380.000 euros) pour chacun.