500 oeufs de flamants roses perdus lors du tournage de "Donne-moi des ailes" de Nicolas Vanier

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 03/07/2018 à 16H20, publié le 02/07/2018 à 18H47
Tournage de "Donne-moi des ailes" de Nicolas Vanier.

Tournage de "Donne-moi des ailes" de Nicolas Vanier.

© France 3/Culturebox

Nicolas Vanier a été visé par une plainte après la perte de 500 oeufs de flamants roses lors de repérages pour son film "Donne-moi des ailes". Le cinéaste a annoncé à l'AFP avoir renoncé à poursuivre en petite Camargue le tournage du film et s'apprête à le continuer dans les semaines qui viennent en Norvège.

Reportage : T. Will, B. Pansiot-Villon, S. Plessis, F. Rinauro

https://videos.francetv.fr/video/NI_1260503@Culture

Début juin, un ULM utilisé pour le tournage du film "Donne-moi des ailes" avait survolé la seule colonie de flamants roses de France, installée dans les salins d'Aigues-Mortes, un lieu reculé, pour couver ses oeufs, a rapporté l'association France Nature Environnement, à l'origine de la plainte. Le survol à basse altitude avait créé une panique chez les oiseaux, et un nid sur dix avait été abandonné, en pleine période de couvaison. "Cinq cent couples sur les 4.500 que comprend la colonie ont abandonné définitivement leur oeuf", ajoute-t-elle.

"Perturbation intentionnelle et destruction d'oeuf d'espèce protégée"

Ironie de l'histoire, le film tourné par Nicolas Vanier "parle de la protection des oiseaux", selon le cinéaste, à travers l'histoire d'un scientifique passionné par les oies sauvages et de son fils.
Flamants roses en Camargue.

Flamants roses en Camargue.

© France 3/Culturebox
"La présence de cette espèce emblématique (...) exigeait les plus grandes précautions", a ajouté l'association, qui a porté plainte pour perturbation intentionnelle et destruction d'oeuf d'espèce protégée.

Interrogé par l'AFP, Nicolas Vanier a expliqué que le pilote de l'ULM travaillait pour un prestataire extérieur à sa société de production, et qu'il avait mis fin immédiatement à leur collaboration après l'incident. "Un plan de vol avait pourtant été remis à ce pilote indiquant précisément les zones à éviter", a-t-il regretté. "Ils ont été jouer à faire s'envoler des oiseaux, j'ai été scandalisé", a poursuivi le cinéaste auteur du "Dernier Trappeur" et de "Loup", qui estime ne pas pouvoir être "tenu pour responsable".

Parrainer une population de flamants roses

Pour tenter de "réparer ce qui peut l'être", Nicolas Vanier a proposé aux acteurs locaux de parrainer une population de flamants roses, de permettre d'utiliser le film dans un cadre pédagogique et d'intégrer les associations à la présentation du film dans la région. Le cinéaste promet également de se faire "le porte-parole des problématiques dont souffrent les oiseaux migrateurs". Le tournage, quant à lui, se poursuivra dans les semaines qui viennent en Norvège. 

Nicolas Vanier avait déjà été visé par une polémique en 2014, lorsque l'État avait ordonné l'évacuation de tous les chiens de son domaine dédié aux activités nature dans la Drôme, après une mise en demeure sur les conditions d'hygiène et de sécurité. L'explorateur vedette avait alors qualifié de "grotesques" les accusations faisant état d'un très mauvais état sanitaire de ses chiens.