Thérèse Desqueyroux et Audrey Tautou, dernières héroïnes de Claude Miller

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 19/11/2012 à 18H48
Audrey Tautou dans "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller.

Audrey Tautou dans "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller.

© © Eddy Brière - Les Films du 24 - UGC Distribution

En relisant "Thérèse Desqueyroux" de François Mauriac, Claude Miller avait découvert que tout ce qu'il aimait au cinéma "était là". Et Audrey Tautou était exactement l'idée que le cinéaste disparu en avril dernier à 70 ans, se faisait de Thérèse Desqueyroux. Son dernier film sort mercredi sur les écrans.

Quoique se sachant très malade en le réalisant, Claude Miller ne pensait pourtant pas de ce film qu'il s'agissait de son testament, témoigne Annie Miller, sa veuve, qui précise que le réalisateur a su le jour de sa mort, en avril, que son film serait présenté à Cannes en mai.

Les acteurs évoquent tous un tournage marquant, "une leçon d'humanité" pour Audrey Tautou, et "une sérénité extraordinaire" pour Francis Perrin.

Claude Miller lui-même le décrivait dans une de ses dernières interviews comme "agréable avec des gens joyeux", même s'il "n'était pas le plus joyeux de la bande". "Cela ne m'a pas empêché de le faire bien mais cela m'a donné une espèce de liberté : j'étais moins obsédé et anxieux que d'habitude parce qu'il m'arrivait quelque chose de plus grave qu'un film", soulignait-il.

https://videos.francetv.fr/video/NI_134215@Culture

En relisant "Thérèse Desqueyroux", Claude Miller a découvert que "tout ce qu'(il) aime au cinéma était là", notamment "un climat d'ambiguïté qui exige du spectateur un travail pour rentrer dans le film", racontait-il dans une interview réalisée avant son décès et publiée à l'occasion de la sortie du film.

Et Audrey Tautou, pour lui, "était exactement l'idée que je me faisais de Thérèse", cette riche héritière d'un domaine forestier des Landes, à la fois cartésienne et rêvant de quitter son monde immuable de convenances et de pins à perte de vue. Et qui ne devra paradoxalement la liberté qu'au suprême sens de la famille d'un mari qu'elle a tenté de tuer sans même le haïr vraiment.

Celui-ci, et le père de Thérèse, sont incarnés par Gilles Lellouche et Francis Perrin. Catherine Arditi, Anaïs Demoustier, Isabelle Sadoyan et Stanley Weber complètent la distribution.

François Mauriac, lui-même fils d'un propriétaire terrien des Landes, disait avoir eu trois inspiratrices pour le personnage de ce roman court et fort paru en 1927.  Henriette Canaby, acquittée en 1906 d'une tentative d'empoisonnement de son mari, était l'une d'elles. Il l'avait entrevue aux assises de la Gironde quand il était jeune homme.