Une leçon de cinéma de Giuseppe Ferrara au Festival italien de Villerupt

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 08/11/2012 à 16H11
Giuseppe Ferrara

Giuseppe Ferrara

© PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN

La 35e édition du Festival du film italien de Villerupt se tient jusqu'au 11 novembre 2012. Comme chaque année, le festival propose le meilleur du cinéma italien, entre rétrospectives, avant-premières et projections inédites. Giuseppe Ferrara est l'invité d'honneur de cette édition. Il a donné une leçon de cinéma à des étudiants lorrains.

Ce n'est pas un hasard si la Lorraine accueille un Festival du cinéma italien. Toute une génération d'immigrés a imprégné l'Histoire de cette région. Les spectateurs de souche italienne composent alors la majorité du public, et répondent en masse à cette invitation, qui leur permet de retrouver leurs origines, le temps d'un film.
Il s'ouvre également à un public français très présent et heureux de découvrir la richesse de ce cinéma.
C'était en 1976. 35 ans plus tard, les usines de sidérurgie ont fermé. Mais le festival est toujours là. Il témoigne de la richesse et de la vitalité du cinéma italien, aujourd'hui étudié par les étudiants. Les plus grands artistes ont répondu présent à l'invitation de Villerupt. Cette année, c'est Giuseppe Ferrara qui a fait le déplacement en France. 

https://videos.francetv.fr/video/NI_484387@Culture

Giuseppe Ferrara : le néoréalisme italien

Il a une allure de grand-père. Et on l'imagine plus dans le rôle de Gepetto. Giuseppe Ferra est l'une des dernières grandes figure du néoréalisme italien. Une étiquette qui le ravit autant que celle de cinéaste engagé. A 80 ans, il garde plus que jamais ses convictions intactes. Pour lui, le cinéma doit être le lieu de la contestation. Il voit son travail comme un contrepoint aux partis politiques, aux gouvernements et aux médias qu'il dit asservis. Ses documentaires, films et téléfilms sont devenus des documents historiques, témoignages d’un pays ébranlé par les assassinats politiques, les structures mafieuses et les scandales.

Avec "100 jours à Palerme" qu'il réalise en 2003, il frappe fort. Il évoque l'assassinat du général Dalla Chiesa  et de sa jeune épouse par la mafia sicilienne.  Avec "L'affaire Aldo Moro", il revient en 1985, sur à l’enlèvement et à l’exécution en 1978 de ce démocrate-chrétien, homme politique de premier plan. Un docudrama très controversé où il décrit le terrible bras de fer avec les brigades rouges. 

Rentrer dans l'univers de Giuseppe Ferrara, c'est pénétrer un monde peuplé de chefs de services secrets, de parrain de la mafia, d'hommes politiques corrompus, de financiers, d'anciens fascistes, unis pour étouffer toute velléité de renouveau démocratique. En regardant les films de Ferrara. Une question se pose. Où en est l'Italie aujourd'hui ?

Et l'avenir ?

Paradoxe de l'artiste. Alors qu'il s'est consacré essentiellement à des personnages italiens et aux tourments de l'Italie contemporaine, aujourd'hui, il aimerait réaliser un film sur une star américaine. Mais attention, pas n'importe laquelle. Marilyn Monroe. Giuseppe Ferrara se pencherait bien surla mort de l'artiste. Il aimerait adapter "Compagna Marilyn", le livre du journaliste italien Mario La Ferla dans lequel il explique comment et par qui elle a été assassinée. Un film qui créera une nouvelle fois la polémique. Ce qui compte avant tout pour lui, "c’est d’avoir un personnage charismatique. C’est ça qui peut assurer le succès d’un film.". Alors gageons qu'un jour, un réalisateur fera un film sur Giuseppe Ferarra.