Trop payés, les acteurs français ? Le débat fait rage...

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/01/2013 à 15H45, publié le 03/01/2013 à 11H55
Dany Boon et Diane Kruger, à l'affiche du film "Un plan parfait"

Dany Boon et Diane Kruger, à l'affiche du film "Un plan parfait"

© PHOTOPQR/VOIX DU NORD/Max ROSEREAU

La tribune du producteur Vincent Maraval dans le Monde du 29 décembre a fait mouche. Tout le monde a, semble-t-il, son mot à dire sur le salaire des acteurs français. Surtout, sans doute, après l'annonce de l'exil de Gérard Depardieu.

Vincent Maraval n'y est pas allé par quatre chemins. "Pendant que Gérard Depardieu fait l'actualité et que les ministres rivalisent d'esprit pour en faire le scandale du moment, a-t-il écrit, (...) personne ne parle du cinéma français. Or tous les films français de 2012 dits importants se sont plantés, perdant des millions d'euros : Les Seigneurs, Astérix, Pamela Rose, Le Marsupilami, Stars 80, Bowling, Populaire, La Vérité si je mens 3, etc."
A qui la faute ? aux acteurs, développe le producteur. Selon lui, ils sont mieux payés qu'aux Etats-Unis, et ce n'est pas lié au succès ou non des longs-métrages. D'autant plus génant, estime-t-il, que le cinéma a la particularité d'être subentionné par le CNC et co-financé par la télévision française, en partie publique.

https://videos.francetv.fr/video/NI_142881@Culture

Les réponses ne tardent pas

On s'en doute, ce point de vue n'allait pas rester sans réponse, alors qu'en France, on a plutôt tendance à glorifier notre septième art. Il est financé donc il peut exister. Et il sort beaucoup plus de films en France chaque année que dans la plupart des pays européens. Voilà pour le discours habituel. Au fil du web, et dans Le Monde, les réactions se sont donc multipliées à la lecture de cette tribune, des chaînes aux acteurs en passant par les producteurs. Marie Masmonteil, également productrice, estime ainsi que son confrère est furieux d'avoir perdu beaucoup d'argent dans un certain nombre de films pré-cités. Elle déplore aussi, nous dit Le Monde, que ce texte laisse croire  que le système d'aides publiques est une énorme gabegie alors que "à l'exception de Populaire et d'Astérix, qui ont été  préachetés par France Télévisions, ces films sont uniquement financés par l'argent privé."
D'autres voix se font aussi entendre pour faire remarquer que le cinéma américain n'est pas aussi chiche avec ses acteurs que le dit Maraval, que tout dépend des exemples pris.

Salaire maximum

Dans sa Tribune, Vincent Maraval ne se contente pas de dénoncer un système qu'il juge inadapté, il avance une proposition. Ames sensibles à une certaine "gaucherie", attention : il propose de limiter le salaire des acteurs à 400 000 euros, avec un intéressement obligatoire aux recettes du film. Une proposition léniniste ? Que nenni nous dit le Nouvel Observateur. Ce principe existe, à l'opéra. Il s'appelle le "top fee". Il s'agit du plafonnement mondial des cachets des quinze plus grandes voix du monde. La barrière est à quelques 15 000 euros bruts par soir. Pourquoi une mesure si radicale ? Les opéras vivent de mécénat et de subventions, ils ont donc choisi de limiter les dépenses liées aux stars du genre, par cette entente globale des salles de spectacle.


Bref, l'histoire belge de Gérard Depardieu n'a pas fini de soulever des lièvres...