Salaires des acteurs français : Eric Garandeau (CNC) répond à Vincent Maraval

Par @Culturebox
Publié le 03/01/2013 à 15H32
Eric Garandeau, président du CNC

Eric Garandeau, président du CNC

© TIBOUL/MAXPPP

Eric Garandeau, président du CNC, défend le cinéma français et son mode de financement, au centre d'une polémique, en assurant que ce système permet "de faire émerger de nouveaux talents" et que l'année 2012 a été un bon cru pour le cinéma hexagonal.

Le dirigeant du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) s'exprimait après la controverse déclenchée par une récente tribune de Vincent Maraval, cofondateur de la société de distribution Wild Bunch, qui affirmait notamment que 2012 avait été "un désastre" pour le cinéma français. "Il est faux de dire cela", a martelé M. Garandeau.

Mercredi, le CNC avait publié ses estimations pour 2012, évoquant "une excellente année" pour le cinéma français, avec plus de 204 millions d'entrées, malgré un recul de près de 6%, après un cru 2011 "exceptionnel" tiré par deux locomotives: "The Artist" et "Intouchables". "Au 1er semestre 2012, certains gros films ont très bien marché", a affirmé M. Garandeau, en citant "Sur la piste du Marsupilami", "La vérité si je mens 3" ou "Le prénom", qui ont réalisé chacun plus de trois millions d'entrées. "En revanche, cet automne a été mauvais pour tout le monde, y compris pour les films américains. C'est un effet de la crise. La saison au théâtre aussi a été mauvaise", a-t-il observé. Le film "Astérix et Obélix au service de sa majesté" (sorti en octobre) a lui aussi dépassé les trois millions d'entrées, même s'il n'a pas atteint le niveau attendu par ses producteurs.  

Dans sa tribune publiée par Le Monde le 28 décembre, M. Maraval regrettait également que "le cinéma français repose sur une économie de plus en plus subventionnée". "Le fameux système d'aide du cinéma français ne profite qu'à une minorité de parvenus", ajoutait-il. Ces propos font bondir le président du CNC. "L'argent public est là pour éviter les excès. Le CNC récupère de l'argent sur les entrées (10,7% du prix du ticket), qu'il redistribue aux producteurs de manière dégressive", fait-il valoir (moins les films font d'entrées, plus les subventions à leurs producteurs augmentent, ce qui leur permet de financer de nouveaux). "On récompense les succès et on mutualise les risques. C'est un système qui a permis l'émergence de nouveaux talents, comme Maïwenn ("Polisse"), Valérie Donzelli ("La guerre est déclarée", "Main dans la main") ou Michel Hazanavicius ("The Artist"), a-t-il ajouté.