Le réalisateur de "La Cage aux folles" Edouard Molinaro est mort

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 09/12/2013 à 15H18, publié le 07/12/2013 à 19H06
Edouard Molinaro au festival de Deauville en 2009

Edouard Molinaro au festival de Deauville en 2009

© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Scénariste, acteur, mais surtout réalisateur, Edouard Molinaro est décédé à 85 ans, a annonce samedi soir le site de Télérama, confirmé par son entourage. Le cinéaste a fait la majeure partie de sa carrière dans les années 60 et 70, avec des films tels "Oscar" avec Louis de Funès, "L'Emmerdeur" avec Jacques Brel et Lino Ventura, ou "La Cage aux folles", avec Michel Serrault et Hugo Tognazzi.

Précoce
Le futur cinéaste naît en 1928 à Bordeaux et s’intéresse très rapidement au cinéma. Après avoir participé à plusieurs concours de courts-métrages en amateur, il devient assistant des réalisateurs André Berthomieu (« Les Duraton »), Maurice de Cannonge (« Trois de la Cannebière »),  ou Robert Vernay (« Le comte de Monte-Cristo »). Il se perfectionne en faisant de l’assistanat durant une dizaine d’année, et réalise en parallèle des films institutionnels.

Edouard Molinaro réalise son premier long métrage en 1957, « Le Dos au mur », avec Jeanne Moreau, le futur réalisateur Gérard Oury, et Philippe Nicaud. Un film noir bien accueilli par la critique, ce qui lui permet de tourner dans la foulée, « Des femmes disparaissent » (1958), avec Robert Hossein, Estella Blain et Philippe Clay. Ce polar en précède deux autres, « Un témoin dans la ville » (1959) et « La Mort de Belle » (1960).
"Un témoin dans la ville" : générique
Comédie, comédie
Mais ce sont les années 60 qui vont apporter au cinéaste la reconnaissance d’un large public, dès qu’il s’oriente vers la comédie, délaissant la Nouvelle vague qui lui est contemporaine. Il réalisera notamment en 1964 « Une ravissante idiote » avec Brigitte Bardot. Il tourne ensuite coup sur coup deux grands succès avec Louis de Funès, en adaptant la pièce de théâtre où il triomphe, « Oscar » (1967), et « Hibernatus » (1969). La même année sort un de ses meilleurs films, « Mon oncle Benjamin » avec Jacques Brel.
"Oscar" : la bande-annonce
Après quelques films au moindre succès, dont le réussi mais oublié « La Mandarine » (1971), avec Annie Girardot, Philippe Noiret, Madeleine Renaud, Marie Hélène Breillat (qui deviendra un temps sa femme), Jean Claude Dauphin, Murray Head et Marthe Villalonga,  il renoue avec le succès grâce à « L’Emmerdeur » (1973), avec Jacques Brel et Lino Ventura, sur un scénario de Francis Veber, qu’il retrouvera plus tard.
"L'emmerdeur" : extrait
Molinaro réunit en 1976 Alain Delon et Mireille Darc dans « L’homme pressé » et réalise la même année une parodie de film de vampires, assez catastrophique, avec Christopher Lee, Bernard Menez et Marie-Helène Breillat, « Dracula père et fils ».

La gloire
Mais 1978 va être l’année Molinaro, avec la sortie de l’adaptation de la pièce de théâtre de Jean Poiret « La Cage aux folles », avec Michel Serrault et Hugo Tognbazzi. C’est le triomphe. Celui-ci remonte jusqu’aux Etats-Unis, ce qui vaudra au cinéaste d’être nommé aux Oscars au titre de meilleur réalisateur et meilleur scénariste (le scénario a été cosigné avec Francis Veber). Il en réalisera une suite « La Cage aux folles II", avec les mêmes acteurs, mais moins de succès (1980).
Trailer original de "La Cage aux Folles"
Après ce sommet, sa carrière ralentit quelque peu, non pas en nombre de films, mais en succès. Considéré comme un bon faiseur, il s’embourbe toutefois dans des  films comme « Cause toujours, tu m’intéresse » (1979), pourtant avec Annie Girardot et Jean-Pierre Marielle, ou « Pour cent briques t’as plus rien » (1982), où il réunit Gérard Jugnot, Daniel Auteuil et Anémone,
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Edouard Molinaro réalise toutefois encore deux films de valeur : « Le Souper » (1992), avec Claude Brasseur et Claude Rich, où le premier joue Fouché et le second Talleyrand, puis « Beaumarchais, l’insolent », avec Fabrice Lucchini dans le rôle-titre.
"Le souper" : extrait
Depuis 1978, le cinéaste s’est également lancé à la télévision, réalisant plusieurs téléfilms et épisodes de séries (« Claudine », « H », « Navarro », « Le Tuteur »). Dans ce domaine il réalisa un des plus grands succès du petit écran, de nombreuses fois rediffusé, « Au bon beurre » (1981), avec Roger Hanin, Andréa Ferréol et Jean-Claude Dauphin.