"Larmes de combat", le livre "testamentaire" de Brigitte Bardot pour les animaux

Par @Culturebox
Publié le 23/01/2018 à 18H26
Brigitte Bardot caresse une chèvre, le 3 février 1975 sur Antenne 2, dans une émission dédiée aux animaux

Brigitte Bardot caresse une chèvre, le 3 février 1975 sur Antenne 2, dans une émission dédiée aux animaux

© AFP

Dans son nouveau livre "Larmes de combat" qui sort jeudi, Brigitte Bardot, icône du cinéma français, raconte son combat pour les animaux qui l'ont "sauvée" du vertige des feux de la rampe, et plaide pour "un avenir commun" à tous les êtres vivants.

"Ce texte testamentaire portera à jamais ma conviction, mon abattement et mes espérances" et constitue "mon legs", assure "BB", âgée de 83 ans, dans ces confessions à paraître jeudi chez Plon. "Je n'écrirai plus jamais d'autres livres", avait-elle assuré il y a quelques jours à l'AFP.

"Je ne fais pas partie de l'espèce humaine. Je ne veux pas en faire partie"

Dans cet ouvrage de près de 250 pages, Brigitte Bardot évoque son enfance, ses années sur les plateaux de tournage, la célébrité, ses amours, sa rupture brutale avec le cinéma en 1973, son cancer du sein. Mais surtout, le "mythe vivant", comme elle se qualifie, revient longuement sur "le sens de (son) combat" pour ses amis à plumes et à poils et "l'animal que je suis".

"Je ne fais pas partie de l'espèce humaine. Je ne veux pas en faire partie. Je me sens différente, presque anormale", explique l'ancienne actrice.

"Enfant, je savais, je pressentais être un animal"

La star, qui a crevé l'écran en 1956 à 22 ans dans le film "Et Dieu créa la femme", dit avoir toujours été sensible à la cause animale. "Enfant, je savais, je pressentais être un animal." Son premier mari, Roger Vadim, lui a ouvert les yeux sur les conditions de mise à mort dans les abattoirs, relate-t-elle. Son changement radical de vie en 1973 lui a ensuite permis de se consacrer entièrement à son "combat pionnier" et souvent mal compris.

"Ma première partie de vie fut comme le brouillon de mon existence", quand la deuxième a apporté "les réponses aux questions que je me posais jusque-là".

À travers de nombreux souvenirs et anecdotes, Bardot retrace sa lutte pour les bébés phoques, la création de sa fondation et s'en prend pêle-mêle à la corrida, la chasse, les zoos, l'élevage industriel, la fourrure ou encore la consommation de viande de cheval dont elle espère voir l'abolition "avant (sa) mort".

Déçue par Nicolas Sarkozy et Nicolas Hulot

Elle fustige aussi Nicolas Sarkozy et Nicolas Hulot, deux "grandes déceptions" politiques sur la protection des chevaux et l'abattage des loups. La militante, végétarienne, répète que "l'animal (l)'a sauvée" d'une célébrité étouffante et que les bêtes qu'elle recueille dans sa maison de La Madrague à Saint-Tropez, où elle vit retranchée depuis de nombreuses années et où elle souhaite être enterrée, constitue sa "famille proche".

Pour autant, BB n'oublie pas ses anciennes amours, notamment Serge Gainsbourg, ses amitiés, comme avec Marguerite Yourcenar, arrivée chez elle un jour "trempée comme une soupe avec un parapluie et des bottes" et les proches qui l'entourent, tel son mari Bernard d'Ormale.

BB assure "n'avoir jamais demandé à personne d'être raciste"

Bardot revient aussi sur les polémiques qu'elle a créées en refusant sa grossesse et son fils Nicolas et par ses propos sur l'immigration. À propos de son fils, elle assure que "la relation s'est normalisée".

Concernant ses cinq condamnations pour incitation à la haine raciale, elle dit n'avoir "jamais demandé à personne d'être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale". Elle assure seulement s'opposer à l'égorgement à vif pratiqué lors des abattages rituels chez les juifs et les musulmans.

Ces condamnations visaient pourtant des propos contre la population musulmane qui selon elle "nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes", ou encore contre "des clandestins ou des gueux (qui) profanent et prennent d'assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines".

Par ailleurs, Brigitte Bardot avoue sa "peur de la mort" et trouver refuge dans son "rapport personnel avec la Sainte Vierge". Elle espère laisser le souvenir d'une femme qui aura levé le tabou de "l'humanité animale, de l'animalité humaine" et plaide pour "un avenir commun" à tous les êtres vivants. "Mon passage sur Terre n'aura donc pas été vain. Et mon âme sera enfin en paix."