Jean-Pierre Jeunet clôture le festival de Saint-Sébastien

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/09/2013 à 14H52, publié le 28/09/2013 à 19H07
Jean-Pierre Jeunet au photocall du festival de Saint-Sébastien, le 28 septembre 2013

Jean-Pierre Jeunet au photocall du festival de Saint-Sébastien, le 28 septembre 2013

© Javier Etxezarreta / EFE / MAXPPP

Le réalisateur français Jean-Pierre Jeunet, mondialement connu pour "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" (2001), a clôturé samedi le festival de Saint-Sébastien avec son nouveau film qui relate les aventures d'un petit garçon surdoué traversant l'Amérique.

Présenté en avant-première mondiale, "L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet" sortira en France le 16 octobre. Ce film, tourné en trois dimensions et adapté du roman de l'Américain Reif Larsen, met en scène un garçon de 10 ans, T.S., très intelligent, passionné par la science et la cartographie.

Entre un père (interprété par Callum Keith Rennie) à l'âme de cowboy et une mère (Helena Bonham Carter) qui se consacre à la classification des insectes, le jeune héros vit dans un ranch au Montana, dans le nord-ouest des États-Unis. Son univers bascule avec la mort accidentelle de son frère jumeau, Layton, qui a toujours été plus fort et insolent que lui.
La bande-annonce des aventures de T.S. Spivet (VOST)
Un deuil et un voyage initiatique
Quand T.S. apprend qu'il a décroché un prix scientifique prestigieux en se faisant passer pour un adulte, il décide de traverser seul les États-Unis jusqu'à Washington. Ce voyage initiatique lui permettra de découvrir le monde artificiel des adultes et de redécouvrir l'amour de ses parents.

Cette histoire devait absolument être racontée en trois dimensions, a plaidé samedi Jean-Pierre Jeunet, après la projection de son film, hors compétition, à Saint-Sébastien, dans le nord de l'Espagne. "Le livre est plein de notes dans les marges, il y plein de petits dessins faits par T.S. et dès que je les ai vus, j'ai eu l'idée de les intégrer dans le film" par le biais de la 3D, a-t-il déclaré.

L'univers loufoque du Jeunet de "Delicatessen", "La cité des enfants perdus" et "Un long dimanche de fiançailles" est ici parfaitement illustré par cette technique, qui permet au récit de se teinter de surréalisme et d'entrer dans le cerveau de ses personnages.

"Je suis T.S. Spivet", clame un jeune garçon lors du casting-marathon
Pour trouver le petit garçon idéal qui incarnerait cette aventure, le réalisateur a auditionné des milliers d'enfants, jusqu'à rencontrer Kyle Catlett. "Il m'a dit : 'je suis fort, je suis champion d'arts martiaux, je parle cinq langues, je suis T.S. Spivet'". Le candidat a réussi à convaincre le cinéaste malgré sa petite taille et son jeune âge (dans le livre, le personnage avait 12 ans). Un vrai coup de coeur pour le cinéaste: "je le compare a Audrey Tautou au niveau technique, il a le rythme, il peut pleurer sur commande, c'est un vrai acteur."

Personnage récurrent dans tous les films de Jeunet, l'acteur français Dominique Pinon joue cette fois un sympathique vagabond.

L'écrivain Reif Larsen, grand fan de Jeunet
Au festival de Saint-Sébastien, dont la 61e édition devait se clôturer samedi soir, l'auteur du livre qui a inspiré Jeunet, Reif Larsen, a reconnu être un grand fan du réalisateur, dont les films ont marqué son univers littéraire. "Il a eu une grande influence sur moi, d'une certaine manière il était déjà dans le livre", a-t-il expliqué. L'écrivain assure que le cinéaste figure en tête d'une liste de cinq réalisateurs à qui il serait prêt à confier son histoire, les quatre autres élus étant les Américains Tim Burton et Wes Anderson et les Mexicains Guillermo del Toro y Alfonso Cuarón.

"Un film américain avec la liberté française"
Co-production franco-canadienne, le film a été tourné au Canada ce qui, selon Jeunet, a permis d'échapper à la rigidité des productions hollywoodiennes. "J'ai fait un film américain avec la liberté française", a revendiqué celui qui avait tourné aux Etats-Unis: "Alien, la résurrection" en 1997. "Le cinéma américain est tellement prisonnier du besoin de profit et je revendique très fort la liberté et le besoin de faire des films d'artiste. J'ai déjà fait un film à Hollywood et c'est pour ça que si je peux continuer à travailler en France, je préfère."

La projection du film a mis fin à neuf jours de festival, au cours duquel 13 films ont été présentés en compétition officielle et plus de 200 dans l'ensemble des sections du festival.

Les prix, dont le plus important est le Coquillage d'or au meilleur film, devaient être remis samedi soir au palais Kursaal de Saint-Sébastien.