Fréquentation des cinémas en berne : les acteurs prêts à baisser leur salaire

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 04/08/2013 à 12H09, publié le 04/08/2013 à 11H51
Dany Boon le 1er avril 2008 à Lille

Dany Boon le 1er avril 2008 à Lille

© Philippe Huguen / AFP

Neuf mois après la polémique ouverte par Vincent Maraval, responsable de la société de production Wild Bunch, dans « Le Monde » sur les salaires des acteurs, les choses commencent à bouger en raison d’une baisse de la fréquentation des salles de cinéma et d’une crise qui n’en finit pas, rapporte le Parisien du dimanche 4 août.

Si les acteurs rechignent à voir leur salaire baisser sur les grosses productions françaises, ils sont prêts à le faire sur les productions moins onéreuses, déclare au « Parisien » Olivier Delbosc, producteur chez Fidélité : « Sur les films à gros budget, la situation n’a pas franchement changé. Mais sur les films d’auteur, plus fragiles financièrement, les acteurs sont prêts à jouer le jeu davantage. Sur ce plan là, le pavé dans la mare de Maraval a porté ses fruits ».

Au producteur d’illustrer son propos en citant le prochain film d’André Téchiné, sur la disparition d’Agnès Le Roux, avec Catherine Deneuve et Guillaume Canet, dont le titre provisoire est "L'Homme que l'on aimait trop". « Je peux vous assurer que s’il a pu se monter, c’est que les acteurs ont accepté de réduire les salaires auxquels ils peuvent prétendre. Ils ont même accepté de mettre en participation une partie de leur cachet : si le film marche, Deneuve et Canet s’y retrouveront. Comme nous, producteurs, les acteurs ont pris le risque de faire des efforts financiers », déclare Olivier Delbosc, toujours dans « Le Parisien ».

Selon son collaborateur chez Fidélité, Marc Missonnier, Catherine Deneuve a accepté de réduire de moitié son salaire habituel, soit 300.000 euros au lieu de 600.000 sur "Elle s'en va" d'Emmanuelle Berot qui sort en septembre. « On était dans l’excès, ajoute-t-il. Tout le monde en a pris conscience. Quand je dis tout le monde, cela commence par nous évidemment, mais aussi les agents, les distributeurs et les acteurs ».
"Elle s'en va" : la bande-annonce
Le constat est le même chez Bertrand de Labbey, directeur de l’agence Artmedia, qui représente de nombreux acteurs. « Les propos de Maraval, malgré certaines contre-vérités, ont eu le mérite de faire avancer les choses (…), il y a eu des abus. On avait oublié la crise économique ». Il estime dans « Le Parisien » que les comédiens « doivent faire des efforts pour réduire leur salaire afin que des films à moyen ou petit budget puissent se faire ».

Le palmarès des plus gros cachets
La parité n’est pas de mise en matière salariale chez les acteurs et actrices. Les hommes touchent pratiquement le double, voire plus, que leurs consœurs.  C’est ce que démontrent les estimations du premier semestre 2013 relevées par « Le Parisien ». Ainsi, Dany Boon, toujours en haut du podium, peut prétendre à un cachet de 2,5 millions d’euros par film, contre 1 million d’euros pour Marion Cotillard, ex aequo avec Sophie Marceau, en tête du palmarès féminin.

Ajoutons que le cachet de Dany Boon peut exploser quand il prend également la casquette de scénariste et de réalisateur. Ainsi a-t-il touché 7,5 millions d’euros en 2011 pour « Rien à déclarer », rappelle le quotidien francilien.
"Rien à déclarer" : extrait
Jean Dujardin, en deuxième position, peut, lui, compter sur 2 millions par film, contre 800.000 euros pour Bérénice Bejo qui occupe la même place sur le podium. Ces chiffres correspondent à des participations sur les films à gros budget, mais leurs prétentions peuvent être moindres sur des productions moins bien pourvues.

Enfin, Gérard Depardieu est estimé à 1 million d’euros par film, contre 600.000 euros pour Catherine Deneuve, tous deux occupant la troisième place du podium. Cas particulier : François Cluzet qui a touché 3 millions d’euros pour « Intouchables », ce qui lui permet désormais de pouvoir prétendre à 1 million d’euros par film. D’autres sont également à ce niveau : Kad Merad, Franck Dubosc, Jamel Debbouze, Fabrice Luchini… rapporte « Le Parisien ».