Décès du comédien Robert Hirsch, monstre sacré du théâtre, à l'âge de 92 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/11/2017 à 10H54, publié le 16/11/2017 à 16H04

Robert Hirsch, qui disait avoir le théâtre pour "religion", est décédé jeudi à 92 ans à Paris, a annoncé le producteur de ses pièces, Francis Nani, directeur du théâtre du Palais-Royal. Le comédien était hospitalisé depuis 48 heures après une chute à son domicile et son coeur "fragile a probablement lâché", a indiqué Jeoffrey Bourdenet, comédien et metteur en scène, qui était à ses côtés.

Le comédien, qui disait ne jamais vouloir prendre sa retraite, était encore à l'affiche ces dernières années de pièces à succès comme "Le Père" de Florian Zeller, après 65 ans de carrière dont un quart à la Comédie-Française.

Il avait le théâtre dans le sang. A la fois mime, danseur et comédien, Robert Hirsch a été la coqueluche de la Comédie française où il était entré en 1948 et dont il fut sociétaire de 1952 à 1974. Scapin, Néron de Britannicus, Tartuffe. Il a tout joué, apportant toujours quelque chose de neuf au personnage.

Hirsch était aussi un clown extraordinaire qui a fait rire un public toujours aux anges. Personne n'a oublié son pastiche de Ruy Blas. Ou son nuéro du Lac des Cygnes avec son complice Jacques Charon.
Robert Hirsch et Jacques Charon parodient le lac des Cygnes
Après 25 années passées à la Comédie française, il se lance dans le théâtre privé en 1974. 

Sur les planches jusqu'au bout

Ce monstre sacré du théâtre français a continué à jouer avec gourmandise jusqu'au bout, notamment dans "Le Gardien" d'Harold Pinter. Ses deux derniers rôles,  "Le Père" et "Avant de s'envoler", deux pièces de Florian Zeller, abordaient le thème du grand âge.

C'est Robert Hirsch qui avait demandé à Florian Zeller de lui écrire le rôle saisissant de "Le Père", un vieillard atteint de la maladie d'Alzheimer, qu'il assumait avec un naturel impressionnant.  Un rôle pour lequel il avait obtenu en 2014 un Molière du meilleur comédien d'un spectacle privé.

Robert Hirsch dans "Le Père" de Florian Zeller

Selon son ami comédien et metteur en scène Jeoffrey Bourdenet, Robert Hirsch souhaitait continuer de travailler et "était à la recherche d'un rôle" au moment de sa mort. 

Acteur rare, maître de la profondeur et de la démesure, Robert Hirsch a suscité bien des vocations de théâtre chez les comédiens d'aujourd'hui.