Clint Eastwood divague à la convention républicaine

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 31/08/2012 à 08H55
Clint Eastwood à la convention républicaine de Tampa (30 août 2012)

Clint Eastwood à la convention républicaine de Tampa (30 août 2012)

© Stan Honda

Clint Eastwood, faux invité mystère, a fait une brève apparition remarquée et à la limite du tragi-comique jeudi soir à la convention républicaine de Tampa, avant le discours du candidat républicain à la Maison Blanche Mitt Romney

L’acteur-réalisateur de 82 ans est intervenu à l’heure de grande écoute à la télévision, juste avant le sénateur de Floride Marco Rubio, chargé d’introduire le discours très attendu du rival de Barack Obama.

Le héros de « L’inspecteur Harry » a dénoncé comme une « honte nationale les 23 millions de chômeurs » aux Etats-Unis et estimé qu’il était « temps que quelqu’un d’autre arrive et règle le problème ».
 

"Quand quelqu'un ne fait pas le boulot, il faut qu'il s'en aille", a-t-il insisté, faisant mine par instants de s'adresser directement au président Barack Obama, représenté par une chaise vide installée à ses côtés.

L'intervention du vétéran hollywoodien semblait complètement incohérente par moments. Elle a fait rire l'auditoire à plusieurs reprises et réjoui la twittosphère, jusqu'au président Obama. Selon son compte officiel, a ironisé: "Ce siège est pris."

Un nouveau terme est né sur les réseaux sociaux, l'"eastwooding", ou l'art de parler à une chaise vide. Les internautes rivalisaient vendredi de photos de sièges vides, de toutes sortes, et de toutes les couleurs, sur lesquels pointent des doigts ou que regardent des chiens et des chats.

Les républicains tentent de justifier les incohérences de Clint Eastwood
"Alors qu'est-ce que vous dites aux gens ? Est-ce que vous... Vous savez,  les gens se demandent... Vous n'avez pas bien géré ça. Eh bien, je connais des gens dans votre propre parti qui ont été déçus que vous n'ayez pas fermé Gitmo (le camp de Guantanamo, ndlr). Et j'ai pensé, fermer Gitmo, pourquoi, on a dépensé tellement d'argent. Alors j'ai pensé que peut-être, comme excuse... Comment ça ‘tais-toi’ ?"

A un autre moment, s'adressant toujours à cet Obama fictif: "Vous êtes fou, complètement fou. Vous devenez pire que Biden", du nom du vice-président démocrate Joe Biden. "Bien sur, nous savons qui est l'intellectuel du parti démocrate. Un sourire avec un corps derrière..."

Conscient des dégâts potentiels de cette étrange prestation, qui risquait d'éclipser celle de son candidat, l'entourage de Mitt Romney a rapidement réagi. "Juger une icône américaine comme Clint Eastwood à travers le prisme politique ne marche pas. Sa libre prestation diffère des discours politiques et le public l'a appréciée", a tenté de justifier un porte-parole de l'équipe de Mitt Romney.

Un républicain dans l'âme
Clint Eastwood, républicain dans l’âme, a apporté son soutien à Mitt Romney début août, après avoir soutenu John McCain en 2008.

L'identité de l'invité mystère de la convention avait fait l'objet de nombreuses spéculations depuis plusieurs jours. Avant que le nom de l'acteur-réalisateur ne s'impose dans les couloirs, d'autres noms avaient circulé, du milliardaire Donald Trump à l'égérie du Tea  Party Sarah Palin, en passant par l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell.

Hollywood, traditionnellement plutôt favorable au camp démocrate, brillait par son absence à Tampa. Outre Clint Eastwood, oscarisé quatre fois, on y a vu Jon Voigt, 73 ans, passé du côté républicain après une jeunesse des plus subversives et des films comme « Macadam Cowboy » ou « Délivrance » (1972).