Vincent Cassel, le nouveau Vidocq, présente en avant-première "L’Empereur de Paris"

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 04/11/2018 à 16H13, publié le 04/11/2018 à 16H10
Le comédien Vincent Cassel à Arras pour présenter  "L'Empereur de Paris".

Le comédien Vincent Cassel à Arras pour présenter  "L'Empereur de Paris".

© France 3 Culturebox (capture d'écran)

Vincent Cassel est venu à l'Arras Film Festival pour présenter en avant-première "L'Empereur de Paris", le nouveau film de Jean-François Richet (sortie en salles le 19 décembre). Le comédien incarne Vidocq, le voyou devenu chef de la police parisienne au XIXe siècle. Né à Arras, le truand-flic y a désormais une rue à son nom. Un destin hors-norme qui a toujours inspiré écrivains et cinéastes.

Après Claude Brasseur dans les années 70 et Gérard Depardieu en 2001, c’est au tour de Vincent Cassel d’endosser le rôle d’Eugène-François Vidocq, personnage bien réel dont la vie portait en elle tous les ingrédients qui font le régal des cinéastes. 
Affiche "L'Empereur de Paris"
A l'occasion de l'Arras Film Festival qui se poursuit jusqu'au 10 novembre, l'équipe de "L'Empereur de Paris" est venue présenter le long-métrage et participer à l'inauguration d'une rue rebaptisée au nom de celui qui fut pourtant un enfant très turbulent, voleur puis un voyou notoire avant de prendre la tête de la police parisienne et de créer la brigade de sûreté sous Louis XVIII.

Reportage : M. Bougault / France 3 Nord Pas de Calais - A. Hanquet / S. Gurak / F. Mabille de Poncheville /A. Morvan / L. Dulois

Un destin "orageux"

On peut sourire en pensant que la ville d'Arras rend aujourd'hui hommage à un homme qui a pourtant décrié la chronique judiciaire de son époque. Dès le début, le destin de Vidocq semble marqué par le chaos. Il est né en 1775 dans la maison qui abrite aussi la boulangerie familiale. "Il naît par une violente nuit d’orage et la sage-femme qui est présente prédit à l’enfant un destin orageux" explique aux touristes Laurence Mortier, la directrice adjointe de l'office de tourisme d'Arras.

Le roi de l'évasion

La praticienne a vu juste : malgré une famille plutôt aisée, Vidocq se met à voler et à 13 ans, il fait son premier séjour en prison. Il en a 16 quand il quitte Arras après avoir piqué de l’argent dans la caisse de la boulangerie de son père... S’ensuit une vie de larcins, de bagarres... et d’évasions : "Il s’est évadé de 27 bagnes !" souligne avec un brin d’admiration Vincent Cassel. Ainsi en 1805, il s’évade de la prison de Douai, située sous le Palais de justice en "sautant dans la rivière Scarpe" comme le rappelle Damien Langlet, guide et professeur d'histoire. "Vidocq nage pour s’éloigner de la ville et serait resté caché pendant 3 jours sous un pont".
Eugène-François Vidocq.

Eugène-François Vidocq.

© France 3 Culturebox (capture d'écran)

D'indic à chef de la police

Mais la cavale finit par lui peser. En 1809, il négocie avec la préfecture de police et trahi ses anciens amis en échange de sa liberté. Il a 31 ans. Son efficacité va le conduire au sommet de la hiérarchie : sous Napoléon, il devient premier chef de brigade de sûreté en 1812. Il le restera sous Louis XVIII et Charles X. En 1827, il démissionne et publie ses Mémoires (rééditées aux éditions Nouveau Monde).

Bien avant que les réalisateurs s'emparent du personnage, les écrivains ont été inspirés par Vidocq : Jean Valjan chez Victor Hugo, Vautrin dans la "Comédie humaine" de Balzac, Eugène Sue pour "Les mystères de Paris" 

"Un cavalier solitaire"

Pour un comédien, incarné un tel personnage est forcément stimulant d'autant que Vidocq est un homme complexe, ambigu. Le trait majeur de Vidocq pour Vincent Cassel ? "C'est un homme seul. Il est rejeté par la pègre, par la bourgeoisie, par la France 'honnête'. Quoiqu'il fasse, il reste un cavalier solitaire. C'est ce qui fait sa poésie et sa force".

Reportage : France 3 Nord Pas-de-Calais - F. Mabille De Poncheville / A. Morvan / R. Gellée / I. Lefebvre

Cette nouvelle version de Vidocq marque aussi les retrouvailles de Cassel avec Jean-François Richet. En 2008, le réalisateur avait déjà confié un rôle de truand au comédien avec son dyptique consacré à Mesrine ("Mesrine : L'Instinct de mort" et "Mesrine : L'ennemi public n°1"). Puis ce fut "Un moment d'égarement", une comédie dramatique sortie en 2015. Jean-François Richet a également dirigé Mel Gibson dans le thriller "Blood Father".

En référence aux autres versions TV ou ciné de Vidocq, Vincent Cassel explique que la vision de Jean-François Richet se veut plus "réaliste". "La série TV avec Claude Brasseur était sympa pour l'époque" note le comédien. "Mais aujourd'hui, la technologie nous permet de faire autre chose, en retrouvant par exemple le Paris de l'époque avec ses petites rues pavées, l'Arc de Triomphe en construction..."