Vincent Lindon: "Je déteste qu'un film me dise c'est comme ça qu'il faut penser"

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/01/2016 à 14H32, publié le 18/01/2016 à 13H26
Vincent Lindon invité du 20h de France 2, le 17 janvier 2016

Vincent Lindon invité du 20h de France 2, le 17 janvier 2016

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Après les migrants, le surendettement et le chômage, Vincent Lindon se penche sur l’ingérence humanitaire. L’acteur est à l’affiche du film de Joachim Lafosse "Les Chevaliers Blancs" inspiré de l’affaire de l’Arche de Zoé, l'ONG qui avait tenté d’exfiltrer une centaine d’enfants du Tchad. Il était invité sur France 2, l’occasion de revenir sur son parcours d’acteur et de citoyen engagé.

Vincent Lindon invité de Laurent Delahousse au 20H de France 2

https://videos.francetv.fr/video/NI_605656@Culture

Un engagement assumé

Son rôle d’ancien chômeur devenu vigile de supermarché dans "La loi du marché" lui a valu le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en mai dernier. Une récompense venue renforcer un peu plus l’image d’acteur social et engagé de Vincent Lindon qui aime par-dessus tout ce cinéma du réel qui explore les travers de notre société.
 
Des prises de position que l’acteur assume, estimant même indispensable de le faire : "Je ne pense pas qu'on puisse dire aujourd'hui quand on est un artiste : 'je n'ai pas d'avis'. (...) Je lis une histoire, une petite histoire et derrière y'a une grande histoire, ce que vivent les gens en ce moment et je dois inconsciemment être attiré par ça. Ca me plait, cette envie de me mêler, ça doit agacer parfois, mais ça me fait du bien et je me sens vivre et exister".
"Quand j’entends engagé, citoyen, je suis loin d’être le plus engagé. Y'a plein de gens qui sont très engagés. Sauf que nous, on a un avantage les artistes, c'est qu'on a des tribunes. On est des sortes de porte-paroles et on essaye de rendre compte au mieux de la souffrance de certaines personnes.  Je n'ai rien d'héroïque".

 

L'affaire de l'Arche de Zoé 

Et Vincent Lindon affirme de nouveau son goût pour les sujets politiques avec "Les Chevaliers blancs" qui traite des dérives de l’humanitaire. Il incarne le responsable d’une ONG française qui tente d’exfiltrer des orphelins d’un pays en guerre en Afrique. Une histoire inspirée par l’affaire de l’Arche de Zoé qui avait fait grand bruit en 2007 quand Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch à la tête de l’ONG avait monté une opération pour exfiltrer du Tchad 103 enfants prétendument orphelins et promis à des familles françaises. Ils furent arrêtés avant que leur avion ne décolle pour la France. Un cas d’ingérence humanitaire qui mit à mal les relations diplomatiques avec le Tchad et eu des conséquences désastreuses sur l’adoption en Afrique mais également sur le travail d’autres ONG.  
 
Vincent Lindon dit avoir accepté sans hésiter le rôle, fasciné par le personnage capable de fédérer autour de son projet fou et de rassembler une équipe et des moyens pour le mener à bien malgré le danger. Un homme prit d’une ivresse narcissique qui se voit en sauveur et fini par se perdre dans une certaine folie. Mais si le film s’inspire d’une histoire vraie, le réalisateur a choisi de ne pas prendre parti, de ne pas imposer un jugement au spectateur. Et c’est aussi ça qui plait à Vincent Lindon, un cinéma qui fait réfléchir et laisse un espace de liberté au public.

 
Synopsis :
Jacques Arnault, président de l’ONG "Move for kids", a convaincu des familles françaises en mal d’adoption de financer une opération d'exfiltration d'orphelins d’un pays d’Afrique dévasté par la guerre. Entouré d’une équipe de bénévoles dévoués à sa cause, il a un mois pour trouver 300 enfants en bas âge et les ramener en France. Mais pour réussir, il doit persuader ses interlocuteurs africains et les chefs de village qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces jeunes victimes de guerre, dissimulant le but ultime de son expédition...


"Les Chevaliers blancs" de Joachim Lafosse
avec Vincent Lindon, Louise Bourgoin, Valérie Donzelli, Reda Kateb, Bintou Rimtobaye
Sortie le 20 janvier 2016 (1h52)